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A l’occasion du centenaire de la maison Balenciaga et du lancement de la saison espagnole du Palais Galliera par Olivier Saillard (à suivre à la Maison Victor Hugo en juin 2017 et Palais Galliera en octobre 2017), l’hommage au couturier espagnol se déploie chez le sculpteur français avec brio et un génie certain, à partir des archives de la Maison basque-parisienne et du fonds Galliera.

Ce rapprochement audacieux entre haute couture et sculpture, Galliera l’avait déjà amorcé dans ce même musée avec l’exposition très remarquée Madame Grès en 2011.

Balenciaga est cet alchimiste du style qui se saisit de cette non couleur dans le sillage des maîtres du Siècle d’Or espagnol et l’on songe à Vélasquez ou Goya devant ces silhouettes indociles, ces textures profondes, ces drapés imprévisibles. Quand l’ombre et la lumière rencontrent autant de technique et de rigueur cela donne une dramaturgie vibrante dont lui seul à le secret. Le noir, couleur de deuil en son pays devient sous son emprise, graphique mêlant le profane et le sacré, le positif et négatif, la géométrie et le mouvement impétueux, autant d’antagonismes réconciliés.

Le parcours retrace les différentes phases de création du maître espagnol et du sculpteur français ouvrant sur l’imposant hall des plâtres (investi par toiles et patrons préparatoires), revisitant les différents ateliers au charme suranné (expérimentations sur le volume, déconstruction des formes) dans cet entrelacs d’ouvertures vers les jardins extérieurs, avant de basculer vers l’extension nouvelle signée Christian de Portzamparc, sorte d’apothéose de béton brut et gris qui fusionne avec l’étrange chorégraphie de brillances et de matières, de transparences en noir, mat ou brillant et ponctué de certaines couleurs. Une modernité tout à fait saisissante qui donne au monochrome cher à Soulages un caractère singulier.

Cristóbal Balenciaga l’inventeur de la fameuse robe « Baby Doll » en forme de trapèze, devenue iconique, de la tunique, la ligne tonneau, la marinière, est basque d’origine, fils d’un marin-pêcheur et d’une couturière. Il se forme comme tailleur dans les grands magasins « Au Louvre » à San Sebastiàn puis ouvre sa première maison en 1917 sous le nom de C Balenciaga. Devant quitter l’Espagne en 1936 il ouvre à Paris sa maison de couture au 10 avenue George V en juillet 1937 et ce pendant toute la guerre, jusqu’à la fermeture ordonnée par les autorités allemandes en 1944. Nombreux se réclament aujourd’hui de son héritage.

Le catalogue de l’exposition permet de poursuivre cette exploration en profondeur des possibilités multiples et métamorphoses au noir avec une nouvelle commande passée au photographe Pierre Even diplômé de l’Ecole Nationale de la Photographie d’Arles, qui a publié en 2014 Eden chez Kehrer et a exposé au Consortium de Dijon.

EXPOSITION
Balenciaga, l’œuvre au noir
jusqu’au 16 juillet 2017
Musée Bourdelle
(Galliera Hors les Murs)
18 rue Antoine Bourdelle
75015 Paris
http://palaisgalliera.paris.fr

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