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Agnès Grégoire, directrice de publication du magazine PHOTO est notre invitée de la semaine (lire son portrait publié lundi 3 avril), dans le cadre de sa carte blanche, elle souhaite soutenir et saluer le mouvement populaire actuel « Pou Lagwiyanne dékolé » (Pour que la Guyane décolle), en nous présentant Joub, dessinateur et scénariste de bande dessinée.

J’aimerais partager avec vous un trait de crayon et de caractère qui me font voir le monde autrement. Je vous présente dans cette carte blanche trois aperçus du talent du dessinateur Joub : l’architecture guyanaise aquarellée, le journal en BD et une enquête dessinée qui porte sur la perception que l’on a de son propre corps.

Pour pouvoir raconter des histoires, Joub est devenu auteur de bandes dessinées, il y a un peu plus de 20 ans. En tant que dessinateur, scénariste ou coloriste, il collabore régulièrement avec Etienne Davodeau et Nicoby sur des projets de BD Jeunesse, de reportages et de fictions du réel. Joub est également co-organisateur du festival Quai des bulles à Saint-Malo depuis 1997. Aujourd’hui, il vit en Guyane pour avoir une distance de regard sur ses travaux et se protéger des contraintes professionnelles.

L’architecture guyanaise aquarellée

Inspirée de La France de Raymond Depardon, l’idée de ce travail patrimonial a germé la veille de l’an 2000, à Tintégnac en Bretagne où Joub vit. Son objectif : établir avec son appareil photo un état des lieux de son village et révéler les modifications dus au passage du 20e au 21e siècle. En fait, rien n’a changé ! Il affine son propos en se concentrant sur les témoins d’une époque : des bâtisses modestes construites selon un savoir-faire et style d’architecture en voie de destruction ou de réhabilitation. Suivant le même protocole d’investigation, il abandonne la photographie et opte pour l’aquarelle. Ce travail amorcé en Bretagne va prendre toute son ampleur en Guyane. Le Musée des Cultures guyanaises lui passe des commandes sur les maisons créoles de Cayenne et sur l’habitat traditionnel des communes de Guyane.

Sur les murs de mon salon, quelques-unes de ces aquarelles sont accrochées et me transportent avec délice dans ce là-bas sororal.

Portraits

Fasciné par l’interculturalité de la Guyane et par la prosopographie, Joub s’est lancé dans une série de portraits de visages en BD qui retracent des trajectoires de vie et donne la parole aux sujets dessinés. Lors de ces séances, profitant de l’opportunité d’être avec un artiste, de nombreuses femmes ont exprimé leur envie d’être dessinée tout entière et nue. Cette demande a incité Joub à poursuivre sa collecte de témoignages de vie, toujours en 6 cases, mais en dessinant cette fois des parties du corps, sans visage, tout en recueillant les réflexions des modèles. Série qu’il poursuit aujourd’hui avec des individus de tout sexe, de tout âge et de tout horizon.

Le journal

Il est né en pleine crise de la cinquantaine ! Ce journal reprend l’idée de l’état des lieux architectural et du recueil de témoignages mais cette fois-ci sur axé sur lui-même et son environnement. Toujours en 6 cases aquarellées, il dresse le journal de sa vie, entre métropole et Guyane. Comme pour les précédentes séries, Joub utilise la photographie pour bâtir ses cadrages et documenter les fragments de son quotidien. Il réinterprète ensuite l’image avec ses crayons et ses encres.

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