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Pour fêter ses 10 ans le WIELS propose une large exposition sur 3 sites, sous le titre « Le musée absent ». Un clin d’œil ironique pour insister sur le fait que Bruxelles malgré son rayonnement culturel n’a pas de musée d’art contemporain en tant que tel, le WIELS jouant ce rôle sans statut véritable.

Depuis sa création en 2007 dans l’ancienne brasserie des Wielemans, bâtiment d’architecture moderniste signé Blomme, reconverti à l’occasion,l’institution a organisé pas moins de 65 expositions et accueilli 130 artistes en résidence, devenant une référence dans le paysage européen et international, alors qu’il ne possède pas de collection propre.

C’est pourquoi les 47 artistes choisis pour cet exercice de préfiguration temporaire sont tous liés à la région de Bruxelles élargie aux capitales artistiques limitrophes que sont Cologne, Düsseldorf, Amsterdam, Paris et même Londres. Œuvres nouvelles ou existantes qui répondent aux enjeux de la mondialité et du multiculturalisme et soulignent les défis auxquels les musées sont confrontés.

Le panorama des 340 œuvres réparties entre le WIELS historique et les bâtiments voisins : le Brass et le Métropole rassemble des figures tutélaires à l’origine du projet de l’institution et d’autres regards plus actuels à la fois dans un contexte bruxellois et international. Le projet se poursuit à travers un partenariat avec le Kunstenfestivaldesarts, festival sous forme de plate-forme qui rejoint les ambitions de partage d’idées et de pratiques du Wiels.
Ainsi Felix Nussbaum au destin tragique (caché à Bruxelles et déporté à Auswitz), Francis Alÿs ayant participé à l’exposition inaugurale Expats I Clandestines (2007), Luc Tuymans intégré aux réflexions du départ propose une nouvelle peinture « Presence »et le triptyque « Doha I-III »sur des fantômes d’œuvres ou Marcel Broodthaers mais aussi Oscar Murillo et son installation choc « Human Resources »,Sammy Baloji et les dérives postcoloniales, Marlène Dumas avec « The Widow » et le meurtre du 1er Ministre du Congo en 1961 ou Mark Manders et l’écho mélancolique à l’état de ruine du bâtiment du Métropole.

Lili Reynaud-Dewar et son « Petit opéra tragique des images et des corps dans le musée », Carsten Höller et l’épisode de l’entrave à la dépénalisation de l’avortement du roi Baudouin le 4/04/1990, Otobong Nkangara et Nastio Mosquito sont les 4 artistes invités par le Kunstenfestivaldesarts.

Citons enfin l’intervention d’Ann Veronica Janssens sur le toit terrasse jouxtant le jardin en toiture dessiné par Bas Smets, qui signe son retour au Wiels depuis 2009 et « Serendipity » avec un pigeonnier, métaphore de la circulation des frontières et libre traversée.

Hors les murs, la peinture murale de l’artiste écossaise Lucy McKenzie imprime la trace permanente du Wiels au cœur de la ville de Bruxelles dans le cadre du parcours BD.

A l’heure où l’on parle beaucoup de l’arrivée future du Centre Pompidou Paris dans l’ancien garage Citroën, devenant « Pôle culturel Citroën », le WIELS entend rester dans la course au futur musée d’art contemporain !

INFOS PRATIQUES :
The Absent Museum
jusqu’au 13 août 2017
WIELS, Centre d’Art Contemporain
Avenue Van Volxem 354
1190 Bruxelles
http://www.wiels.org

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