Temps de lecture : 1 minute et 37 secondes

« Pourquoi réinventer une forme de Pictorialisme? Peut être parce que l’amour que je nourris pour l’art en général, et pour la peinture en particulier avait besoin de s’exprimer, peut-être aussi parce que j’avais besoin de douceur, de me laisser aller à fermer les yeux…Fermer les yeux avec mes modèles, rêver paisiblement. Je tente simplement de créer un univers, une vision personnelle »
Sandrine Hermand-Grisel

Dans nos errances heureuses dans les multiples chambres de l’actualité photographique américaine, nous redécouvrons aujourd’hui l’œuvre singulière d’une personnalité artistique nous touchant par son gradient d’élégance et expressivité.

Lauréate en 2005 du prix spécial de la critique Kodak, conféré à sa série renommée de portraits intimistes, Nocturnes, Sandrine Hermand-Grisel rejoint notre sélection de portfolios d’auteur, avec un carrousel d’images emblématique de la totalité de son parcours, nous dévoilant une double identité artistique, à la fois très classique et subtilement expérimentale.

Parisienne installée aux États Unis depuis 2006, elle nous raconte d’un passé partagé entre la France et le Royaume Uni, et d’une carrière d’études en droit international, abandonnée pour s’investir totalement dans la pratique de l’art photographique, qu’elle approche en autodidacte en 1997.

Sandrine Hermand-Grisel est auteure d’un projet vivace et diversifié, se caractérisant par l’ambition unitaire, que fût celle revendiquée par le Pictorialisme historique de la fin du XIX siècle, de provoquer artificiellement une esthétique de l’image photographique à l’allure abstraite et picturale, en puisant dans l’imaginaire stylistique et figuratif du modernisme européen.

En contre courant par rapport aux rhétoriques voulant une photographie conçue comme emprise objective ou index de la réalité factuelle du monde, Sandrine Hermand-Grisel célèbre et emphatise le statut expressif propre à l’acte photographique, sa composante subjective et transcendante, sa narrativité explicite.

Pour bâtir cette construction visionnaire, elle manipule méticuleusement la technique de son travail, qu’elle sublime en postproduction pour créer des véritables aquarelles de son état d’âme, rassemblant plus à des tableaux expressionnistes, impressionnistes, ou encore surréalistes, qu’à des clichés argentiques ou numériques reproduisant des sujets vivants en chair et os.

Ainsi, un choix hybride de thèmes et sujets nous invite à comprendre le medium photographique dans son rôle de charnière liant l’œil à la beauté de l’expérience subjective et poétique du monde.

Une sélection choisie de clichés de Sandrine Hermand-Grisel fait aujourd’hui la une du Los Angeles Center of Photography (Californie) et du Providence Center for Photographic Arts (Rode Island). À venir, deux upcoming shows prévus en 2018 au Rayko Photo Center of San Francisco et à la Gray Loft Gallery d’Alameda (Californie).

Pour en savoir plus :
http://www.hermandgrisel.com/index.php

Leave A Comment

Your email address will not be published.