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C’est lors de la Nuit des images qui s’est déroulée samedi dernier, que le Musée de l’Elysée a annoncé le nom du le lauréat de la deuxième édition du Prix Elysée. Le jury d’experts international a sélectionné le photographe suisse Matthias Bruggmann parmi huit nominés. Le travail de Matthias Bruggmann vise, selon lui, « à essayer de susciter, chez un public occidental, une compréhension viscérale de la violence intangible qui sous-tend tout conflit. »

Grâce au Prix, Matthias Bruggmann va poursuivre un projet photographique de longue haleine débuté en 2012 sur le conflit en Syrie. Il reçoit la somme de CHF 80’000 attribuée pour moitié à la production du projet et pour moitié à la publication d’un livre prévu pour juin 2018.

« D’un point de vue formel, mon précédent travail amenait le public dans une situation où il devait décider de la nature de l’œuvre même. Ce mécanisme pourrait ressembler, bien qu’on puisse
le contester scientifiquement, à ce qui se produit en physique quantique lorsque l’observation change la nature de ce qui est observé. Mon travail sur la Syrie s’inspire de ce présupposé.

D’un point de vue documentaire, il s’agit, à ma connaissance et jusqu’à présent, de la seule œuvre de ce type réalisée à l’intérieur

même de la Syrie par un seul photographe occidental, et ce en grande partie grâce à l’aide et aux travaux dévoués de certains des meilleurs experts indépendants sur le conflit. En raison de la nature de ce conflit, j’estime qu’il est nécessaire d’étendre le périmètre géographique de ce travail.

Il s’agit là essentiellement d’une tentative de créer un sentiment d’ambiguïté morale. Sa conception vise à mettre le public mal à l’aise en remettant en cause ses propres suppositions morales,
et ainsi à essayer de susciter, chez un public occidental, une compréhension viscérale de la violence intangible qui sous-tend tout conflit. L’un des moyens utilisés consiste à pervertir les codes normalement employés dans la photographie documentaire

pour accroître l’identification avec le sujet. Tout en se conformant parfaitement aux normes homologuées du documentaire, une partie du travail est destinée à amoindrir la confiance du public en ma propre fiabilité en tant que témoin et à forcer une réflexion plus poussée sur la nature de ce qui lui est présenté. » – Matthias Bruggmann

Le jury, unanime, était composé de Mimi Chun, Fondatrice
et directrice de la galerie Blindspot (Hong Kong), Andrew
Sanigar, responsable des éditions Thames & Hudson (Londres), Salvador Nadales, conservateur des collections et responsable des relations institutionnelles du musée national centre d’art
Reina Sofía (Madrid), Astrid Ullens de Schooten, Fondatrice
et présidente de la Fondation A Stichting (Bruxelles) et des partenaires fondateurs Tatyana Franck, Directrice du Musée de l’Elysée (Lausanne), Michel Parmigiani, Fondateur de Parmigiani Fleurier (Fleurier) et Marina Vatchnadze, Responsable du mécénat culturel de la Fondation de Famille Sandoz (Pully).

Les sept nominés étaient : Isabelle Blanc et Olivier Hilaire, Elina Brotherus, David Jiménez, Sofie Knijff, Jim Naughten, Emeka Okereke et Robert Zhao Renhui.

INFORMATIONS PRATIQUES
http://www.boring.ch/matt/
http://www.prixelysee.ch

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