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« L’immobilisme est mortel en matière de culture »
G. Pompidou

A l’occasion des 40 ans du Centre Pompidou, le château de Chambord a souhaité s’associer à l’événement national en proposant un rassemblement inédit de 90 œuvres révélées pour la première fois au public, dessinant le portrait d’un homme au destin exceptionnel qui toute sa vie va dialoguer avec l’art de son temps, imprimant une trace indélébile dans les lieux de pouvoir qu’il fréquente, Matignon d’abord, l’Elysée ensuite.

Si l’on s’en tient généralement au salon Agam et réaménagement de Pierre Paulin des appartements privés de l’Elysée, l’exposition« Georges Pompidou et l’art : une aventure du regard » retrace tout son cheminement esthétique, son audace et la liberté qui guide un grand nombre de ses choix, comme ce célèbre tableau de Soulages de 1957 choisi avec Malraux au musée d’art moderne qu’il accroche dans son bureau XVIIIème de l’Hôtel Matignon, provocant la surprise de nombreux visiteurs.

La création du Centre qui porte son nom et l’organisation de l’exposition »60-72,douze d’art contemporain en France » malgré une réception houleuse sont des projets emblématiques d’une volonté d’incarner et même de devancer une époque dans une société prospère en pleine mutation.

Mais rien ne disposait ce fils de professeur d’origine modeste né dans un petit village du Cantal à un tel accomplissement. Révélant vite des capacités intellectuelles précoces, il intègre en khâgne au Lycée Louis Le Grand, réussit l’agrégation et Normale et devient professeur de lettres à Henry IV. Au même moment il épouse Claude Cahour qui va devenir son alter ego, le couple Pompidou développant volontiers une approche éclectique et visionnaire favorisée ensuite par l’aisance financière des années de Georges à la banque Rothschid. Mais l’élément déclencheur reste son premier achat « La femme aux 100 têtes » de Max Ernst, nimbé d’une aura à part, de même pour la toile de Youla Chapoval, acquise auprès de Jeanne Bucher. Il faut dire que les galeries dont galerie de France, Iris Clert, Denis René et l’Œil en la personne de Raymond Cordier vont jouer un grand rôle dans l’évolution de leur regard. C’est pourquoi l’accrochage répond à ce principe de diversité toujours en équilibre à travers 5 sections :

Maîtres modernes, Abstractions, Nouveau Réalisme, Art cinétique et Figurations.
La collection s’enrichit, de nouveaux artistes font leur entrée à Matignon : De Staël, Braque, Ernst, Fautrier, Mathieu, Arman, Raysse, Niki de St Phalle, nombreux sont ceux qui développent des relations d’amitié avec leurs commanditaires. L’art devient pour Georges et Claude Pompidou une nécessité intérieure qu’ils soient dans des lieux de représentation ou dans leurs maisons de campagne plus simples à Orvilliers ou à Carjac.
Esthète Georges Pompidou s’échappait aussi dans les livres, il est d’ailleurs l’auteur d’une Anthologie de la poésie publiée en 1961.
Le beau, le sacré, l’émotion pure, transcendantale, dicte les passions du couple. »L’oeuvre d’art, c’est l’épée de l’archange et il faut qu’elle nous transperce » déclare Georges Pompidou.
Si cette collection est souvent restée dans un spectre strictement privé, c’est donc un privilège de la voir revivre sous nos yeux dans ce beau domaine de Chambord qu’affectionnait Georges Pompidou et dont il avait fortement amélioré la gestion durant son mandat, contribuant au prestige du site autour de ses vocations culturelles et cynégétiques.

INFOS PRATIQUES :
Georges Pompidou et l’art : une aventure du regard
Exposition du 18 juin au 19 novembre 2017
2e étage du château
Domaine national de Chambord (41)
Catalogue indispensable aux éditions du domaine de Chambord, 156 pages, 29 ‎€
Conférences avec Alain Pompidou et le commissaire de l’exposition Yannick Mercoyrol.
https://www.chambord.org

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