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« Christian Dior, couturier du rêve » est l’un des événements phares de la saison culturelle estivale parisienne. Rassemblant pas moins de 300 robes datant de 1947 à nos jours, de nombreux documents d’archives de la Maison Dior et des objets d’art collectionnés par M. Dior, c’est la plus vaste rétrospective jamais organisée sur les 3000 mètres carrés du musée.

Le parcours à la fois chronologique et thématique pensé par l’historienne Florence Müller et le directeur du musée, Olivier Gabet les deux commissaires, revient sur les grandes étapes du parcours du créateur, son rayonnement aujourd’hui et aussi ses goûts et sources d’inspiration, Christian Dior ayant dirigé une galerie de tableaux de 1928 à 1934 ce qui lui permet de côtoyer les tenants de l’avant garde de l’époque comme Giacometti, Dali, Calder, Jean Cocteau tout en restant fidèle à sa passion du XVIIIème siècle. La maison de son enfance à Granville va aussi jouer un très grand rôle, la villa les Rhumbs et son jardin dessiné par sa mère, jetant les bases de son esthétique. A la manière des musées anglais qui imaginent des « period rooms » la scénographe Nathalie Crinière met en scène des ambiances telles un boudoir, un atelier, une galerie d’art, des voyages, des jardins autour des leitmotivs de toujours : la référence à l’antique et au néoclassicisme, l’exotisme, la fascination florale, l’art…

Puis la majestueuse nef offre une traversée du temps spectaculaire autour de l’emblématique « New Look » une véritable révolution en cette période d’après-guerre. Une féminité moderne soulignant une taille cintrée et les hanches sous l’effet des jupes corolles, qui bouleverse les codes de l’élégance mondiale. Retour à l’art de la séduction après des périodes de pénurie et de privation et tant pis si la polémique enfle autour de la quantité de tissus nécessaire. Le ton est donné et Paris devient la capitale de la mode.

L’héritage de Dior se mesure aussi à travers la relève des 6 directeurs artistiques qui lui ont succédé après sa mort en 1957. Six galeries les mettent à l’honneur d’Yves Saint Laurent, Marc Bohan, Gianfranco Ferré, John Galliano, Raf Simons et tout récemment une femme, Maria Grazia Chiuri, chacun imprimant sa marque du plus minimaliste au plus baroque.

Après un focus sur les savoir-faire et la technique indispensables à la réussite de l’ensemble, le dernier tableau reconstitue une salle de bal féérique parsemée de créations les plus somptueuses dont certaines dévoilées pour la première fois à Paris. Des clientes célèbres devenues les meilleures ambassadrices de la Maison.
A la différence de l’exposition organisée en ce même lieu en 1987 qui se focalisait sur les 10 années de création du couturier, cette nouvelle rétrospective met en lumière le rôle joué par M. Dior dans l’histoire et l’évolution des arts décoratifs. La plupart des œuvres viennent du fonds Dior Héritage et de collections muséales prestigieuses tel le Palais Galliera, le Costume Institute du Metropolitan Museum de New York, le Victoria & Albert de Londres, la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent, le musée Dior de Graville mais aussi le musée du Louvre, le musée d’Orsay, le musée de l’Orangerie ou le Château de Versailles pour la partie arts décoratifs.

INFOS PRATIQUES :
Christian Dior, couturier du rêve
> Du 5 juillet au 7 janvier 2018
Musée des Arts Décoratifs
107, rue de Rivoli
75001 Paris
http://www.lesartsdecoratifs.fr
> Catalogue aux éditions les Arts Décoratifs
464 pages, Relié, 59 €
> Actuellement au musée Dior de Granville :
Christian Dior et Granville, aux sources de la légende
Du 8 avril au 24 septembre 2017
Musée Dior
1 Rue d’Estouteville
50400 Granville
http://www.musee-dior-granville.com

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