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Pour cet été Galleria Continua – LES MOULINS propose, jusqu’au 30/09/2017, un programme très varié avec pas moins de 5 expositions majeures. Il faut bien reconnaitre que ce n’est pas la place et les idées qui leur manquent.

Vous pouvez voir And what, for example, am I now Seeing ?, une exposition collective qui interroge la manière de présenter et se représenter l’art en cette période devenue digitale. Ensuite, Nikhil Gupta, Shilpa Gupta, Pascale Marthine Tayou ou Sislej Xhafa interrogent eux aussi, chacun à sa façon, notre monde : son histoire, ses hybridations culturelles, ses migrations, sa violence, ses métamorphoses. Galleria Continua nous propose donc un voyage riche, intelligent et dépaysant.

‘And what, for example, am I now seeing?’ (Autodisporsi)

Issues de la collection di Gropello, riche de trois cents œuvres d’art contemporain, 48 sont présentées pour l’exposition And What, for Example, Am I Now Seeing ?

Ce parcours propose une expérience et offre la possibilité d’appréhender l’art de manière différente. L’exposition s’articule autour de cinq espaces : dessin, peinture, sculpture, photographie, autres medias et se développe en trois moments distincts dans lesquels l’œuvre se dévoile à qui l’observe : visite silencieuse, visite avec son et visite didactique.
Il est demandé au public d’éteindre tout appareil électronique, de ne déclencher ni appareil photo, ni caméra et de porter un casque antibruit pour ne recevoir aucune interférence externe. D’ailleurs, nous ne pouvons vous montrer des images de cette exposition. Aucun titre, aucune explication, aucune signature, uniquement les œuvres. Le spectateur est invité à se laisser transporter par l’expérience visuelle, à observer les œuvres et réfléchir librement sur leur signification et créer son propre dialogue intérieur avec l’œuvre. Il faut attendre la fin du parcours, dans la section didactique, pour se documenter et se confronter à ses propres impressions et idées. Toutes les œuvres sont expliquées en détail selon la vision du collectionneur.

Au début du parcours d’exposition est distribué un carnet sur lequel le spectateur peut noter ses observations, celles-ci seront recueillies dans la section didactique afin de témoigner sur les expériences vécues et le dialogue créé entre le public et les œuvres exposées.

L’intention des commissaires de cette exposition est de vérifier si une œuvre d’art contemporain reste actuelle, c’est-à-dire capable de maintenir son pouvoir de séduction instantané pouvant aussi conquérir l’attention des nouvelles générations-digitales.

L’exposition principalement créée pour les enfants est en faveur de l’association caritative Save the Children.

Artistes De L’exposition : Marina Abramovic, Ai Weiwei, Charles Avery, Massimo Bartolini, Simone Berti, Alighiero Boetti, Céleste Boursier-Mougenot, Christoph Büchel, Cai Guo-Qiang, Maurizio Cattelan, Chen Zhen, William Clift, Berlinde De Bruyckere, Gino De Dominicis, Giulio Di Gropello & Daniel Lapiguine, Elmgreen & Dragset, Tano Festa, Giuseppe Gabellone, Gao Xingjian, Kendell Geers, Liam Gillick, Thomas Grünfeld, Carsten Höller, Norma Jeane, Tim Knowles, Joseph Kosuth, Armin Linke, Aldo Mondino, Luigi Ontani, Hans Op De Beeck, Diego Perrone, Paola Pivi, Pietro Roccasalva, Serse, Kiki Smith, Ettore Spalletti, Pascale Marthine Tayou, José Toirac, Olav Westphalen.

NIKHIL CHOPRA ‘Drumsolo at the Mill’

Galleria Continua consacre quelques salles aux œuvres les plus marquantes de Nikhil Chopra, artiste indien travaille aux frontières du théâtre, de la performance, de la peinture, de la photographie et de la sculpture. Il conçoit des personnages qui s’appuient sur l’histoire des lieux qu’il investit pour ces performances. Il incarne ses personnages, en grande partie improvisés, dans des performances qui peuvent durer plusieurs jours. L’artiste leur donne vie grâce à des costumes élaborés, qu’il inter change tout au long pour indiquer la permutation de ses personnages.
Chopra vient fréquemment habiter personnellement son espace dans l’exposition au moment de l’inauguration. Passant d’hier à aujourd’hui, de l’Orient à l’Occident, de l’homme à la femme, Nikhil Chopra signe des performances raffinées qui questionnent les notions d’identité et d’hybridité culturelles, mais aussi la façon dont le monde contemporain transforme le paysage et sa représentation.
Les œuvres présentées sont principalement des photographies qui relatent les différentes performances de l’artiste. Inside out, une performance de 99 heures réalisée dans les rues de San Gimignano dans laquelle Chopra incarne plusieurs personnages médiévaux rappelant l’histoire des pèlerins francs passant dans ses rues au XIIIe siècle.
Ou encore Floating cities & loaded dice, une des dernières performances de l’artiste, réalisée dans la gare du nord de Paris, avec la complicité du batteur, Uriel Barthélémi, cette performance d’une durée de 3 heures développait une fiction autour des exilés.
Et surtout Drumsolo at the Mill, une performance qui a eu lieu aux Moulins et dont il reste les éléments : une batterie au milieu de pots de peinture et de pinceaux et une fresque au sol représentant des tuyauteries fumantes, symbole d’une industrialisation aliénante.

SISLEJ XHAFA ‘Whisper Harmony’

Les œuvres de l’artiste kosovar, Sisley Xhafa, sont dispersées entre plusieurs sites de la galerie, à l’intérieur comme à l’extérieur. Elles évoquent les préoccupations et problématiques sur lesquelles travaille l’artiste depuis plus de vingt ans : la migration, la métamorphose du monde avec son cortège d’incertitudes, de menaces, de violence et de soulèvements. Des œuvres d’une grande puissance politique.

PASCALE MARTHINE TAYOU ‘Voodoo Child’

Cette escapade aux Moulins sera aussi l’occasion de découvrir ou redécouvrir le travail de l’immense artiste camerounais, Pascale Marthine Tayou.
Cette magnifique exposition, sous le commissariat de Jérôme Sans, présente une grande quantité d’œuvres et s’ouvre notamment sur les fameuses Colonnes Pascales. Cette « porte d’entrée » franchie, deux œuvres monumentales trônent dans cet immense espace. Deux œuvres interdépendantes puisque l’une exprime une forme d’idéal, d’utopie quand l’autre traduit la dure réalité du monde. Une sorte d’évocation du yin et du yang à la sauce Pascale Marthine Tayou avec tout ce qui fait son vocabulaire artistique : la profusion de matériaux, de déchets de notre société et de références symboliques comme autant d’accumulation d’objets rituels car pour Pascale le monde est en pleine « voodooization ».
L’expo se poursuit sur des mobylettes, en lévitation, surchargées d’objets et de calebasses. Les œuvres plutôt sombres tranchent avec une œuvre, à proximité, de Daniel Buren plutôt lumineuse. Du meilleur effet !
Puis la visite nous embarque dans un travelling qui franchit des mondes très différents : nous suivons ainsi une série de miroirs privés de reflets au milieu de Sunrises tournoyants, une série de néons, puis des ventilateurs cabossés qui tournent lentement dans une danse macabre et nous rencontrons tour à tour les fameuses poupées de cristal habillées, elles aussi, d’accumulations : les Poupées Pascale et les Sauveteurs. Tout ce petit monde nous invite dans une cérémonie vaudou extrêmement puissante et magique.
Avec ce voyage spirituel orchestré par Jérôme Sans, Pascal Marthine Tayou témoigne toujours de son intérêt pour l’hybridation des formes et leur circulation en dépit des frontières, et sur sa propre pratique du détournement d’objets usuels et de rebut.
Envoutant !

MOATAZ NASR ‘Croissant’

Ensuite Galleria Continua propose de poursuivre cet itinéraire artistique en plein air avec notamment le Croissant de MOATAZ NASR une œuvre végétale, un labyrinthe en forme de croissant qui cache une phrase d’Anouar El-Sadate « pas de politique en religion et pas de religion en politique » inscrite dans l’herbe du jardin en caractère coufique.

Mais aussi de nombreuses œuvres à découvrir : SHILPA GUPTA ‘Shadows without Light’, huit sculptures se répartissent parmi les herbes folles du Moulin de Sainte-Marie, des sculptures qui dessinent le contour de silhouettes ou formes indéchiffrables qui font références à des émotions. Un des hangars cache un trésor celui d’« Ali Baba » proposé par Subodh Gupta. D’autres œuvres de Pascale Marthine Tayou , Daniel Buren, Kader Attia, Anish Kapoor… s’offrent à cette balade bucolique. En tout cas une virée artistique indispensable cet été.

>> En savoir plus sur la Galleria Continua ?
http://mowwgli.com/20797/2017/08/08/galleria-continu…rtistique-normes/

INFORMATIONS PRATIQUES
Galleria Continua – Les Moulins
Expositions jusqu’au 30 septembre 2017
46, rue de la Ferté-Gaucher,
77169 Boissy-le-Châtel, France
Tel. +33 (0)1 64 20 39 50
lemoulin@galleriacontinua.fr
http://www.galleriacontinua.com
Ouvert du mercredi au dimanche de 12h à 18h et sur rendez-vous.

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