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Le 13 juillet dernier, nous vous présentions l’exposition photographique présentée à la Maison Guerlain. Cette année, Valérie Belin s’est vue offrir une « carte blanche » pour évoquer la marque sur le thème retenu « Les femmes vues par les femmes : Révélation ».

Cette exposition est aussi un dialogue inattendu entre les femmes collaboratrices de la Maison Guerlain et les artistes exposées. Chacune d’entre celles, qui a accepté de se prêter au jeu, a sélectionné une image et en livre son « interprétation »: une double lecture fraiche et inédite qui donne une dimension personnelle et dénote d’une attention particulière de Guerlain pour l’image. Aujourd’hui, nous rencontrons Nourite Eladan-Bertein, Directrice des études internationales

Mowwgli : Vous avez participé au processus de sélection et avez visité les collections de la MEP. L’accompagnement de Jean-Luc Monterosso, sa connaissance et son empathie semble avoir été très structurant et rassurant pour créer cette exposition. Comment perceviez-vous, avant cette expérience, le médium photographique ?
Nourite Eladan-BerteinLe médium photographique est éminemment discret, on peut oublier jusqu’à son existence. Seules existent les personnes prises en photo, comme dans un souffle, le photographe qui voit les âmes et le spectateur qui plonge dans la photo. Les photos sensibles vous permettent de vivre un instant avec « ceux qui sont là bas », de les regarder avec bonté, générosité, sans pitié, ni bienveillance. Uniquement un humain face à  un humain.
Le photographe sensible ne fait pas de politique, ne milite pas, ne nous culpabilise pas : il montre avec son cœur « les autres ». Soudain, il saisit  la beauté, la légèreté, la grâce, le rire, la blessure, l’anxiété, la peur, l’amour, … Le photographe saisit l’invisible, l’indicible, et en un instant, un moment d’harmonie extrême est figé : et à chaque regard qui passe, les personnes reprennent vie .. Eternellement.

Mowwgli : Pour l’exposition, vous avez choisi une photographie de Martine Franck. Qu’est ce qui a motivé ce choix ?
N. E-B. : J’aime l’émotion de ces petites filles avant d’entrer en scène : elles sont tendues, comme happées par l’attente intense, et en même temps ce sont des petites filles dans toute leur innocence, leur fraicheur. La grâce réunit ces 2 états : la peur que tout leur corps manifeste et l’inconscience de la jeunesse. Ces petits êtres frêles savent la responsabilité qui leur incombent : elles attendent le signal. Elles sont seules et mon cœur de mère est ému. J’aurais voulu les serrer dans mes bras, les rassurer, les câliner. Les jeunes gens au 1er plan échangent des secrets, s’encouragent peut-être, s’embrassent : ils sont Un et forment une sorte de cœur losange : on sent la caresse sur la joue, peau contre peau.
Bientôt ces jambes vont s’élancer, élever les danseurs sur scène, préparant les futures souffrances physiques. Comment être un ange et enchanter les cœurs de ceux qui viennent vous voir à l’opéra, rêver, pauvres fous, qu’ils sont un peu immortels.

Mowwgli : Peut-on dire que cette image vous ressemble, souligne (ou atténue) un trait de votre personnalité ?
N. E-B. : Cette image me ressemble parce qu’elle est habitée par une vraie passion pour la mode. J’ai travaillé longtemps pour la maison Balenciaga et cet univers continue de m’enchanter. Des créateurs comme Issey Miyake sont de véritables designers, des artistes hors pair, des architectes de la mode, qui sculptent le corps de la femme et le sublime

INFORMATIONS PRATIQUES
Les femmes vues par les femmes
Jusqu’au 27 août 2017
Maison Guerlain
68 Avenue des Champs Elysées
75008 Paris
http://www.guerlain.com

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