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Du 30 juin au 15 juillet et ce, depuis plus de 50 ans, il y a ce festival qui ferait rêver d’envie n’importe quel mélomane, et c’est ainsi que je me retrouve de l’autre côté du lac Léman, à Montreux pour couvrir le fameux Montreux Jazz Festival qui doit sa renommée au génial créateur Claude Nobs.

L’époque des jazzmen venu tout droit des Etats-Unis est un peu révolue et c’est aujourd’hui un festival comprenant une programmation variée et adapté à tous les goûts. Il est aussi important de comprendre que c’est aussi un festival accessible à toutes les bourses, il y a autant de scènes payantes que gratuites, toute la ville se plie en quatre pour que se déroule de la meilleure façon l’expérience des visiteurs d’un soir, les transports en commun sont même temporairement gratuit pour tous. Aller au Montreux Jazz Festival sans voir de tête d’affiche, c’est possible mais je dois avouer que passer à côté de Grace Jones, des Pet Shop Boys ou de leurs pendant suisse Yello, de Tom Jones, d’un revival Prince avec son groupe de toujours New Power Generation, du leader des Beach Boys qui rejoue le classique album Pet Sound, la sœur de Béyoncé (Solange), du rock de The Kills, Soulwax ou Phoenix, des voix éclatantes de Tom Jones, Beth Ditto ou de The Passenger,, des musiciennes fantasques comme Macy Gray ou John Newmann, et j’en passe pour ceux qui n’ont fait qu’un passage d’une heure et demi sur la grande scène de l’auditorium Stravinski. Je vous laisse voir ce qui est arrivé sur les scènes du Club et du Lab. Quincy Jones passe même ses vacances à Montreux et en habitué des lieux, il est possible de le voir présenter quelques artistes en préambule à des concerts, de le voir donner une Master Class et, de le voir vivre une nuit blanche pour une Jam Session avec des musiciens de son choix, cette accessibilité avec cette légende des musiques américaines n’avait que pour monnaie d’échange la passion et c’est là, l’une des grandes richesses de ce festival.

Mais je ne suis pas tout à fait là pour vous parler de toutes ces figures légendaires. Mon séjour au Montreux Jazz Festival, c’était surtout ces soirées clubbing ouverte gratuitement de 22h à 5h durant les 16 nuits que compte le festival. Cette scène qui permet à la jeunesse de Montreux (et de ses environs) de vivre le temps d’une quinzaine à l’heure de cette scène musicale électronique et la programmation n’a rien à envier à personne. La scène locale essentiellement de Genève et de Lausanne se mélange aux pointures des scènes parisiennes, allemandes, anglaises ou espagnoles. Pour qui aime les musiques électroniques et plus spécialement la House et la Techno, c’était quelque part, à l’heure de cette quinzaine suisse « The Place To Be ». Bambounou, IORI, Andy Stott, Charlotte De Witte, Amélie Lens, Mirko Loko, SHLØMO, Antigone, François X, Damian Lazarus, Bicep, Chris Liebing, Helena Hauff et Daniel Avery sont passés parmi d’autres chronologiquement au sein de ce club éphémère. Personnellement, j’ai été ravi de pouvoir les approcher au plus près et parfois de bavarder avec certains artistes.

Je ne sais pas pour vous, mais photographier des soirées clubbing, c’est loin d’être un job sexy, la mission donnée par le festival, c’était de revenir avec des illustrations des DJ en train de jouer. Je l’ai déjà fait pour des festival d’envergure à Genève mais là, j’ai de suite compris qu’il en fallait peut-être un peu plus que simplement de simple images des artistes en pleine performance. J’ai décidé d’aller à la rencontre de ces clubbers d’un soir mais aussi de ces habitués qui jours après jours montrent fidélité aux lieux. Je crois, après coup, que je n’avais connu de nuits aussi agitées que durant cette quinzaine. Je pouvais repérer très tôt dans la soirée si les gens étaient excités, abreuvés d’un peu trop d’alcool voire de drogues, dans un mode « Love » ou plus épisodiquement violent (oui, même en Suisse, les idiots ont la gâchette facile). Du coup, ce serait peut-être un peu long de raconter tout ce que j’ai pu traverser sous ma casquette de photographe officielle de soirée. Ceci dit, mis à part quelques rares impolitesses, quand je demande aux gens de faire plus qu’une simple pose, ça donne des situations parfois très rocambolesque et drôle. Je me suis rendu compte durant cette expérience que photographier les gens, c’était très facile. Les mettre à l’aise tout autant. Je voulais absolument échapper aux vulgaires photo filmage faites au kilomètres. Ces images sont construites avec les couleurs de ces stroboscopes, le noir étant la toile de fond et la musique comme moteur et sujet. Je me suis tout de même surpris à réussir à conserver tout au long de ce séjour une même régularité dans l’accomplissement de la tâche, la seule chose qui n’a pas très bien vécu ce voyage, c’est ma voix qui se cassait tantôt avec la climatisation et tantôt avec le fait de me retrouver dans un milieu rempli de cigarettes vendus et consommées sur place par l’un des sponsors de la soirée. J’avais certain matin l’impression d’être dans la peau de Marge Simpson.

Je retiens la surprise de voir que le retour du public est extrêmement positif sur ces images, les artistes attendaient parfois que je leur réussisse un portrait et certains de mes collègues photographes ne comprenaient pas comment il était possible de survivre dans un milieu aussi hostile, ce qui n’a jamais manqué de me faire sourire. Je n’ai pas eu l’impression de faire un travail créatif, ceci dit, c’est une formidable expérience de photographe.

Vous pouvez, du coup, voir l’ensemble des images à cette adresse (je préviens cependant : l’édition des images se faisait en temps réel, ce qui est donné à voir est une sélection un peu large) :

https://www.facebook.com/pg/StrobeKlub/photos/

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