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Chaque été il revient le Voyage à Nantes avec une identité visuelle toujours forte (Eva et Adèle, couple d’artistes berlinois font l’affiche) et cette 6ème édition placée sous le signe de l’usage de l’espace public est parsemée d’œuvres surprenantes le long d’une ligne verte de 13 kms et de performances dans des lieux parfois inattendus. Mais comme le rappelle Jean Blaise, le grand cerveau et ordonnateur de l’ensemble « les artistes ne sont pas là pour sublimer la ville ». En tous cas à voir l’indice de fréquentation c’est presque devenu un rituel estival au fort potentiel économique et touristique.

Penchons nous sur quelques interventions incontournables :

-« La part manquante » de Boris Chouvelon (coup de cœur !)
J’avais interviewé ce jeune artiste à la galerie Virginie Louvet alors qu’il préparait son installation pour le Patio de la Maison Rouge et découvert sa fascination pour les ruines. Ici place Bouffray il s’agit d’une grande roue désarticulée comme abandonnée où les nacelles ont été remplacées par des outils de pelleteuse, le tout posé sur des masses de gros sel (le passé nantais). De la nostalgie de la fête foraine à l’ailleurs. Une grande poésie brute qui séduit immédiatement.

-« Le Nu et la Roche » et « les Nus » : Daniel Dewar et Grégory Gicquel
Deux interventions d’une part Cours Cambronne avec « les Nus » dont s’emparent les enfants dans leurs jeux sans trop comprendre le pourquoi de ces toilettes, bidet et vasque en luxueux marbre rose du Portugal. Cela répond à l’obsession du duo pour la représentation du mobilier sanitaire (récemment au musée Rodin) qui dans ce décor néo-classique parfait du Cours Cambronne prend une tout autre dimension. Une réflexion ambiguë sur la valeur de nos reliques corporelles complétée par leur intervention à la HAB galerie.
Transformant l’ensemble de la HAB galerie en galerie de sculptures classiques chacun des fragments en marbre, grès ou granit (matériaux nobles) se voit doté d’un appendice (vêtement, chaussures, accessoires de cuisine, de sport, coquillages…) soulignant de façon intuitive et autodidacte l’intimité du corps et son influence sur les objets de notre langage et quotidien.

– » La terre où les arbres rêvent » et « Pas de rose pour l’infini » : Laurent Pernot
Deux interventions, l’artiste part du potentiel fictionnel de la place Royale pour y poser une oasis imaginaire à proximité de la fontaine glorifiant la Loire et ses affluents. Des arbres comme fossilisés de différentes provenances veillent et accueillent en leur sommet des silhouettes humaines vulnérables et léthargiques. Que leur est-il arrivé ? Dans ce récit par anticipation la fragilité du vivant et l’équilibre précaire de l’homme et de la nature sont suggérés comme un espace ultrasensible.
Passage Ste Croix, en écho Laurent Pernot part du récit la Terre des Hommes d’Antoine de St Exupéry et nous projette dans une ère d’avant Big Bang peuplée d’astres, d’eau, de vagues, de secousses géologiques. Un monde subtil aux confins de l’invisible.

Parmi les autres nouveautés qui ponctuent le Tram 1, le Jardin des Plantes, le Lieu Unique, le musée d’Arts, le museum (et j’en oublie certainement) l’ancien centre de la maison d’arrêt,

-« la Promenade » de Gaëlle Le Guillou dans le cimetière de la Bouteillerie mérite une halte !
Dans ce cimetière de 1774 où reposent le carré militaire de la 1ère Guerre mondiale et des tombes de soldats allemands, Gaëlle Le Guillou, sculpteur céramiste nous invite à une rencontre poétique à partir de monuments funéraires originaux qu’elle investit de 3 créations de fleurs naturelles et artificielles, créant même des tombes potagères et fruitières. Une invitation à fréquenter autrement nos cimetières et leur redonner un nouvel élan.

Et aux dernières nouvelles le toboggan « Paysage glissé » au pied du château des Ducs a réouvert, avis aux amateurs prudents !

En dehors de ce temps fort estival, Le Voyage à Nantes est à découvrir toute l’année et bouscule en profondeur les codes et la topographie de la ville. Au fil des cinq éditions, le parcours s’est enrichi de 21 œuvres signées.

Le Voyage à Nantes se poursuit jusqu’à St Nazaire, le long de l’Estuaire. Un parcours unique qui s’étend sur les 120 km de l’estuaire de la Loire et présente 30 œuvres d’art contemporain signées d’artistes de renommée internationale. Un véritable musée à ciel ouvert à découvrir en voiture, à vélo, à pied et idéalement en bateau d’avril à octobre.
Nous vous proposons une halte au Grand Café de St Nazaire et à la Base Sous marine.
> http://mowwgli.com/21355/2017/08/07/haroon-mizra-cre…ne-de-st-nazaire/

INFOS PRATIQUES :
Le Voyage à Nantes, 6ème édition
jusqu’au 27 août 2017
Gratuit sauf certains musées
Optez pour vos transports pour le Pass Nantes et
Suivez la ligne verte !
 En images
 Sur le plan

En famille, Arty, Cultures urbaines, les Machines de l’ïle, la Cantine du Voyage, Royal de Luxe…il y a en a pour tous les goûts !
https://www.levoyageanantes.fr/
https://www.nantes-tourisme.com/fr

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