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Steven Wilson à la musique dans la peau, il le prouve avec « To The Bone »

Temps de lecture : 2 minutes et 8 secondes

L’album « To The Bone » sorti le 18 aout dernier est, en cette rentrée, la nouvelle pépite de Steven Wilson, l’ancien leader de Porcupine Tree.

Le prolifique Steven Wilson, auteur, chanteur, compositeur et multi-intrumentiste n’est pas connu du grand public et pourtant il remplit les salles du monde entier. En trente ans de carrière, déjà, le britannique s’est petit à petit imposé comme une valeur sûre de la scène musicale indépendante. Tout d’abord à travers ses diverses formations (Porcupine Tree avec Richard Barbieri, No Man avec Tim Bowness,  Blackfield avec Aviv Geffen) et désormais en solo, on ne saurait le réduire à la seule étiquette « rock progressif » car l’artiste anglais se plaît depuis vingt ans à brouiller les pistes entre rock progressif, psychédélique, space rock, métal, composant des morceaux-fleuves pour public averti, quand il ne travaille pas dans l’ombre de ses idoles (il a remixé King Crimson, Yes, Emerson Lake & Palmer, etc.), il est sans conteste un producteur avisé et un infatigable touche-à-tout.

À peine deux ans après le plébiscité « Hand. Cannot. Erase .» (2015), une tournée internationale, l’EP « 4½ »(2016), et plus récemment la sortie de Blackfield V (sortie en février dernier), notre insatiable Steven a trouvé le temps de composer et d’enregistrer son cinquième album solo : « To The Bone ». Où trouve-t-il le temps ? En maintenant une qualité, toujours au rendez-vous.

To the Bone marque néanmoins un changement important. L’album n’est pas articulé autour d’un seul concept, Steven Wilson déclare : « Mon cinquième album est, de bien des façons, inspiré par les albums de pop progressif hyper ambitieux que j’ai adoré durant ma jeunesse (pensez à So de Peter Gabriel, Hounds Of Love de Kate bush, Colour Of Spring de Talk Talk et Seeds Of Love de Tears For Fears). Au niveau des paroles, les onze pistes proviennent du chaos paranoïaque de l’époque actuelle, dans laquelle la vérité peut apparemment être une notion flexible, des observations de la vie quotidienne des réfugiés, terroristes et fondamentalistes religieux, et une dose bienvenue de certaines des évasions les plus joyeuses, aux yeux écarquillés, que j’ai créé dans ma carrière à ce jour. Quelque chose pour toute la famille ! »

Ceux qui attendent de « To The Bone » une nouvelle pièce progressive aux morceaux complexes risquent d’être déçus, Il est avant tout un album de pop avec quelques accents 80’s. Pas de trouvaille exceptionnelle ici, mais une collection d’excellentes chansons, digne du grand mélodiste qu’est Steven Wilson.
Cela commence avec le titre To the Bone qui impose dès le départ une rythmique syncopée pour mieux se terminer en ballade, suivi de Pariah, très beau duo avec Ninet Tayeb (déjà présente sur son précédent album). Certaines pièces comme Nowhere Now, The Same Asylum as Before, People Who Eat Darkness rappellent, grâce à de belles mélodies et de bons riffs de guitare, les grandes heures de Porcupine Tree.

Basée sur une ligne de basse sombre et une rythmique lente, l’excellent Song of I, en duo cette fois-ci avec Sophie Hunger, chasse sur les terres de Massive Attack et de certains titres récents de Peter Gabriel. Les amateurs de rock prog et de guitares pourront trouver matière à contentement avec Detonation qui développe un rock bien progressif sur plus de 9mn. Un vrai régal.
Au final, « To the Bone » n’a pas l’aspect majestueux de ses prédécesseurs mais il prouve, une fois encore, tout le talent d’un des créateurs les plus importants de la scène internationale actuelle. Steven Wilson sera en concert à l’Olympia le 12 mars prochain et les ventes s’emballent déjà.