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Chaque année, lors du festival Visa pour l’image de Perpignan, l’ANI (Association nationale des Iconographes) organise des lectures de portfolios. Lors de ces rencontres entre jeunes photojournalistes et professionnels de l’image, des coups de cœur sont attribués. Cette semaine, nous en publierons deux par jour. Aujourd’hui, il s’agit du reportage « Bike Kill », un projet réalisé sur plus de 3 ans par la photographe française Julie Glassberg.

Bike Kill

Le Black Label Bike Club est un des premiers clubs de vélo “hors la loi”. Il a été créé en 1992 par Jacob Houle et Per Hanson à Minneapolis, Minnesota et a des ramifications dans plusieurs états des Etats-Unis. C’est l’un des principaux contributeurs de la culture des “tall-bikes” et des joutes à vélo. Il est intéressant de voir cette culture destructive et rebelle tourner autour d’un objet peu dangereux: le vélo.

Je les considère comme un mélange de culture punk, grunge et hippie. Ils font partie d’une communauté indépendante en rébellion contre le système. Dans une société qui pousse à consommer, concentrée sur l’argent et la technologie, il est intéressant d’observer un groupe de jeunes y résister. Leur communauté est principalement basée sur la culture du vélo, l’art et les rapports humains. Ces rapports simples qui semblent avoir disparu. Cela m’a particulièrement touchée quand je vivais à New York. Beaucoup de monde semblait vivre de manière virtuelle, avec leurs milliers d’amis sur Facebook et leur obsession pour le succès. Mais ces jeunes étaient vrais.

Il parlent franchement et n’ont pas peur de prendre des risques ou de se faire mal (que se soit physiquement ou pour prendre des décisions de vie.) Ils vivent maintenant, dans l’instant et veulent profiter sans prendre la vie trop au sérieux. Ils sont passionnés, cultivés, talentueux avec de vrais sujets de discussion et leur téléphone ne sonne pas toutes les 2 secondes !

Avec une économie en crise, et une société poussant à suivre un certain modèle, concentrée sur l’argent, la consommation et la technologie, comment les nouvelles générations réagissent-elles? Bien qu’ils semblent autodestructifs, les membres du Black Label Bike Club sont très avertis de la situation actuelle. Comme tout le monde, ils sont capables d’aimer, de détester, et ont également leurs peurs et leurs craintes.

Lorsque je trouve une culture underground come le Black Label Bike Club, un groupe créatif s’intéressant à une multitude de causes et résistant aux courants,
cela me donne de l’espoir et pourrait encourager la jeunesse d’aujourd’hui.

“C’était mieux il y a dix ans” nous dit-on, à nous, les jeunes. Mais il ne dépend que de nous, de savoir ce que nous allons faire de notre futur.

INFORMATIONS PRATIQUES
Julie Glassberg est née et a grandi à Paris. Après avoir étudié le design graphique pendant quatre ans, elle se consacre à sa passion pour la photographie. Elle s’intéresse à la diversité des cultures, aux milieux underground et aux marginaux de la société. 
http://www.julieglassberg.com

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