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Emblème d’une politique culturelle qui se veut ambitieuse pour le Département des Hauts-de-Seine la Seine Musicale sur l’ïle Seguin se dresse fièrement au milieu des eaux, en écho avec les enjeux du Grand Paris. Un auditorium de 1150 places, une salle de 5000 places « la Grande Seine »qui accueille la Maîtrise des Hauts de Seine, un polê de répétition, des lieux de réception et un jardin terrasse de plus de 7200 m², le geste signé Shigeru Ban et Jean de Gastine en fait un écrin de choix pour un rayonnement à vocation internationale.

Première exposition événement, Maria by Callas retrace les différents jalons de l’ascension de la Diva, à l’occasion du quarantième anniversaire de sa disparition à Paris le 16 septembre 1977.

Cette « petite fille grecque née en Amérique » comme elle aimait le rappeler, qui au prix d’efforts acharnés, envoûte les publics et devient une star des plus adulée de son époque. Une gloire dont elle paiera le tribu, car tout succès a son revers et c’est l’un des points forts du parcours conçu par Tom Volf, photographe et réalisateur, qui s’est livré à un travail de titan, guidé par une volonté d’authenticité à travers des documents intimes souvent inédits.
Le parcours chronologique à la fois visuel et sonore, se veut totalement immersif et c’est la voix de Maria qui nous accompagne. On écoute sa musique au casque ou sous des cloches de son, des interviews « live »jamais diffusées et de précieuses archives parlées ponctuent la progression. Des images rares de performances publiques ou privées à bord du Christina O’avec Onassis pendant ses années jet set nous transportent dans les années d’insouciance sur la Riviera aux côtés de Grace Kelly qui la filme elle-même.
Sa loge est reconstituée avec ce petit tableau de la Sainte Famille offert par Battista Meneghini son impressario qu’elle épouse à 24 ans. Son appartement parisien de l’avenue Georges Mandel également recréé agit comme en pendant des années moins fastes et plus solitaires de la fin de sa vie.

C’est sa mère qui la pousse dès l’âge de 9 ans à développer sa technique et étonnante tessiture (elle couvre quasiment 3 octaves) auprès d’Elvira de Hidalgo professeure au conservatoire d’Athènes qui deviendra son amie. Puis l’on assiste à sa métamorphose physique s’inspirant d’Audrey Hepburn, jusqu’à véritablement incarner ses personnages au sommet de son art. C’est par sa persévérance qu’elle devient une icône déclenchant en même temps de nombreuses critiques. Rien ne lui résiste jusqu’à rencontrer l’amour en la personne d’Onassis qui l’invite en croisière et devient son amant.

Elle s’installe à Paris et divorce d’avec Meneghini.
« La Tosca » et « la Norma »sont des triomphes même si Norma la laisse épuisée. C’est le 5 juillet 1965 lors d’une ultime représentation de Tosca pour la Reine Elisabeth qu’elle tire sa révérence.

Découvrant qu’Onassis l’a trahit pour Jackie Kennedy elle décide de passer outre cette cruelle épreuve en se lançant un nouveau défi : le cinéma aux côtés de Pasolini (Médée) et Visconti. La résilience toujours. Cette expérience se révélant un échec, elle retourne à ses premières amoures et donne des Masterclasses à l’Ecole Julliard de New York.

L’ombre d’Onassis plane toujours, l’amour de sa vie mais il meurt sans qu’ils puissent se revoir.

Clap de fin à Paris dans ce bel appartement du 16ème arrondissement (une Allée porte son nom d’ailleurs dans le quartier) où elle s’enferme dans les souvenirs.
Quels sont les sacrifices que Maria est prête à faire sur l’autel du succès ? Quelle double personnalité se cache derrière La Callas ? Quels tourments l’habitent au plus haut de sa gloire ?
Autant de questions captivantes que vous découvrirez au cours de ce cheminement qui devrait ravir les mélomanes et aussi les amateurs de légende.

Ne manquez pas la salle 360, au cœur de l’exposition qui propose une plongée innovante reconstituant les conditions d’écoute optimales pour y revivre pleinement et en haute définition les incontournables concerts des années 1958, 62 et 65 (dernière de Tosca à Paris).

Ce projet s’accompagne également d’un film et de 3 livres.

La Ville de Boulogne, vitrine des années 30,  affirme ainsi son ambition d’être un carrefour culturel de premier plan à travers également le musée Paul Belmondo, le futur musée Albert-Kahn et l‘inauguration du nouvel espace Paul Landowski, agrandi et totalement repensé.
Saviez que ce sculpteur est à l’origine du Christ Rédempteur de la Baie de Rio de Janeiro ? Relevant le défi rejeté par Bourdelle, il sculpte à taille réelle la tête (3, 75 m) et les mains (3,20m) qui seront acheminés au Brésil par bateau. Il réalise ce chantier conjointement à l’autre grande œuvre de sa vie, la sculpture de Sun Yat-Sen, médecin et leader révolutionnaire qui jouit d’un véritable culte en Chine en tant que premier président de la jeune république. Représenté en costume chinois, sa posture incarnant la sagesse. L’original est en marbre, une réplique en bronze a été installée à Taipei au musée Sun Yat-Sen.
Entre classicisme et veine réaliste vous découvrirez ses autres œuvres phares (Temple de l’Homme, David Combattant, Bouclier de la France) au fil d’une nouvelle scénographie.

INFOS PRATIQUES :
Maria by Callas
Jusqu’au 14 décembre 2017
La Seine Musicale
Ile Seguin (Boulogne Billancourt)
Accès : Compter 10 mns à pied du Tramway T2 et 15 mns du Pont de Sèvres
Tarifs : 14, 5 € (plein), 12/ 9€ (réduit)
http://www.mariabycallas.com/
http://www.laseinemusicale.com/
Nouveau Musée Paul Landowski
28 avenue André Morizet,
Boulogne Billancourt
Accès : Métro ligne 9 (Marcel Sembat)
Tarifs : 6, 50 € (plein), 4,50 € (réduit)
http://www.boulognebillancourt.com/

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