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On penserait à une entreprise familiale, mais non, s’il y a une filiation, elle s’arrête au nom, et en Inde. Richard, le père, fuit la Birmanie de son adolescence au moment de l’invasion japonaise. A  New Delhi, il rencontre Rati, réfugiée du Penjab, qui deviendra sa femme. Les deux jeunes gens, esprits également brillants s’impliquent dans la mouvance intellectuelle qui accompagne les premières années de l’indépendance de l’Inde, dans l’héritage politique et philosophique de Gandhi. L’un et l’autre Aux critiques de théâtre que signent l’un et l’autre, Richard ajoute une activité de commissaire d’expositions et finit par être nommé directeur du développement de la Maison du Tibet, centre culturel et musée du Dalaï Lama.

Comme beaucoup d’intellectuels du 20e siècle, Richard Bartholomew recourt à la photographie pour étayer ses travaux de chercheur et de conservateur, notamment sur tout ce qui touche au Tibet. Comme la plupart des esprits éclairés qui mêlent dans leur pratique d’amateur vie privée et vie professionnelle, Richard Bartholomew soigne sa technique qu’il étend au développement en chambre noire. Pablo, le fils né en 1955, grandit entre ses parents intellectuels réfugiés, préférant le laboratoire paternel à l’école, dont il finit par être renvoyé à l’âge de quinze ans. Libre de son temps, le garçon se livre à la street photographie, s’intéressant aux figurants de la misère. Ses prestations de photographe de plateau sur les tournages des studios de Bombay et de Calcutta  lui permettent de financer ses premiers reportages. Effort récompensé : missionné par TimeNew York Times, National Geographic, Le Figaro ou Geo, Pablo Bartholomew se voit décerner  en 1985 le World Press Photo de l’année sur la tragédie de l’accident industriel de Bhopal. Régulièrement exposé en institutions, musées  et en galeries, sollicité par les festivals internationaux, Pablo Bartholomew est considéré comme le photojournaliste le plus ouvert sur l’Inde contemporaine, auquel son gouvernement a remis en 2013 le Padma Shri, l’une des  plus hautes distinctions du pays, un an avant que la France en fasse un de ses Chevaliers de l’Ordre des Arts et des Lettres.

L’exposition de la MEP n’est pas vraiment la première de Pablo Bartholomew, mais elle prend une dimension singulière quand elle invite la production de son père, beaucoup moins connue malgré des archives riches des quelque 17000 négatifs laissés à sa mort en 1985. Le fonds méritait cette mise au jour, qu’il offre un regard sur le Tibet, sur la New Delhi des années 1960-1970 ou qu’il chronique la vie de famille où grandit le jeune Pablo. On peut penser aux Imsand, également père et fils, dont les œuvres ont été présentées en 1995 à l’Espace photographique des Halles qui accueillait les expositions de Paris Audiovisuel avant l’achèvement des locaux de la Maison européenne de la photographie, accueillait les expositions de Paris Audiovisuel. Mais à la différence de la présentation des deux Suisses dont on avait du mal à distinguer les variations humanistes et pictorialistes, la double exposition des Bartholomew offre en deux factures différentes une vision continue de l’Inde, lissée par le regard porté par un père sur un adolescent de fils en devenir.

INFORMATIONS PRATIQUES
Richard et Pablo Bartholomew, Affinités.
Jusqu’au 15 octobre 2017
Maison européenne de la photographie
5/7, rue de Fourcy
75004 Paris
https://www.mep-fr.org

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