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Chaque année, la ville rose accueille deux festivals dédiés à la photographie, le MAP qui se déroule au début de l’été, et Manifesto, qui a lieu à la mi-septembre. Le second est le plus ancien mais aussi le moins institutionnel. Avant cette année, les deux manifestations se déroulaient au même moment, selon la volonté municipale d’organiser un grand mois de la photo. Dans les faits, les événements se chevauchaient et créaient une confusion auprès des spectateurs. Deux périodes donc, pour deux événements bien distincts.

Au cœur du festival Manifesto qui fête cette année sa quinzième édition, on retrouve une équipe de bénévoles passionnés dans une ambiance familiale. Les douze photographes lauréats sélectionnés par un jury de professionnels ont pris leurs quartiers place Saint Pierre, sur les bords de la Garonne. Chacun investit un container de transport, l’espace est exigü, les photographes redoublent d’ingéniosité pour créer une scénographie efficace pour montrer au mieux leurs travaux à un public conquis. On retrouve également trois autres expositions à la Galerie Photon, à la Médiathèque de Tournefeuille, et bien entendu à la galerie du Château d’Eau.
Le festival bénéficie de subventions publiques et privées, peu, mais suffisamment pour payer les droits d’auteur aux photographes. Détail important à souligner par les temps qui courent où une grande majorité de festivals (dont certains sont réputés…) omettent de réserver une partie des financements pour rémunérer les photographes exposés. Tous les photographes exposés sont logés au domicile de l’équipe du festival, cette volonté n’étant pas par pure économie, mais pour rencontrer et échanger avec les photographes invités. Nous vous avions prévenu, ici on est reçu comme dans la famille !

Un invité d’honneur autour d’un demi siècle de création artistique

A chaque édition, le festival mené par Jean-François Daviaud et Jacques Sierpinski, accueille un invité d’honneur et président du jury. Cette année, il s’agit du photographe toulousain Philippe Gérard-Dupuy. Une grande partie de sa série Charades est exposée à la galerie du Château d’eau, lieu emblématique de Toulouse créé il y a plus de 40 ans par Jean Dieuzaide. Avec ses photomontages hors du temps et de tout repère géographique, nous sommes plongés dans un univers qui mêle l’étrange et le fantastique. Au fil de la visite, on peut voir les enfants se presser devant les tirages pour découvrir avec amusement chaque détail des photographies. On retrouve également « Faces », une série de portraits de jazzmen, à l’Espace Saint Cyprien.

Une sélection éclectique de douze photographes lauréats internationaux

En un week-end, et avec des lectures de portfolios à animer, je n’ai malheureusement pas eu le temps de rencontrer tous les photographes. C’est pourtant un parfait moyen de découvrir une exposition lorsqu’elle est guidée par son auteur. Au fil des containers, on arrive à déceler une trame commune, on déambule d’un sujet à un autre comme on traverse les frontières… On découvre l’Abkhazie avec Anne Leroy, un petit territoire encore très emprunt de l’invasion soviétique et encore maintenu sous perfusion par la Fédération de Russie. Avec Polaris, direction l’Arctique pour décrypter l’impact environnemental et social d’une région en pleine mutation au travers de diptyques réalisés par le couple grec Elena Kollatou et Leonidas Toumpanos. Cécile Burban quant à elle, nous emmène au Mali, sa série « Dernières séances » fait un état des lieux des salles de cinémas abandonnés ou reconvertis faute de films à projeter. Aurélia Frey, nous offre des images d’une grande poésie réalisées au monastère de Halsnoy en Finlande, Imrich Veber nous donne à découvrir son pays, la République tchèque, à travers un travail conceptuel parfois difficile à comprendre si on ne prend pas le temps d’échanger avec son auteur. Au tour de la Suisse avec une plongée temporelle au sein du bâtiment du centre européen des Nations Unies avec la série « Empreinte Diplomatique » de François Vermot.
Pour finir, ce sont les travaux photographiques réalisés en France de Nicolas Anglade  qui explorent la vie rurale du massif central avec une esthétique photographique séduisante. Les sujets autour de l’identité et les documentaires sociaux sont abordés avec les sujets de Gian Cruz, Lana Yanovska, Vincent Gouriou, William Bunel ou encore Neus Sola Cassi. Petit jeu de réflexion plein d’humour avec le travail de Maurice Coussirat ou encore les maquettes de Julien Caïdos.

INFORMATIONS PRATIQUES
15ème édition de Manifesto
Du 15 au 30 septembre 2017
• Les Lauréats Manifesto :
Village Manifesto
Place Saint Pierre, 31000 Toulouse
• Lauréats ETPA :
Galerie Photon
8 Rue du Pont Montaudran, 31000 Toulouse
• Philippe Gérard-Dupuy :
Espace Saint Cyprien
56, allées Charles-de-Fitte, 31300 Toulouse
Galerie du Chateau d’Eau
http://www.festival-manifesto.org

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