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Fort du succès de sa première édition, le Prix Orisha poursuit son engagement en faveur de la scène subsaharienne contemporaine. S’inscrivant sous l’égide de l’association ORAFRICA fondée également par Nathalie Miltat il se place dans cette dynamique de valorisation et de visibilité, renouvelant le regard sur l’art et la culture subsahariennes, diasporas incluses.

Les candidats au Prix sont sélectionnés par un Comité composé de :
Cheik Diallo, Virginie Ehonian, Oulimata Gueye, Franck Houndégla, Myriam Mihindou, Bernie Seb, Céline Seror.

Un Jury de professionnels, parrainé par Harry Roselmack, journaliste et composé de : Claire Jacquet, Sithabile Mlotshwa, Larry Ossei-Mensah, Guillaume Piens, Azza Satti.

Ces deux entités, Comité et Jury, sont renouvelés en partie ou en totalité à chaque édition.

Les artistes finalistes :

Alexandre Elenga, Beya Gille Gacha, Ishola Akpo, Josèfa Ntjam, Boris Anje Tabufor, Patsheli Kahambo Kitenge, Klémagha Toussaint Dembélé, Ori Huchi Zozia, Tary Keita, Van Andrea et Yadichinma Ukoha-Kalu. Il ressort de ces univers multiples un panorama engagé et foisonnant, loin des visions codifiées du marché. Une prise de risque d’autant plus louable de la part de Nathalie Miltat.

Dotation :

Le Lauréat du Prix bénéficiera d’une somme de 2000€ et d’un accompagnement comprenant entre autres le soutien à la production d’œuvres pour une exposition personnelle et une campagne de presse et de communication.

Le Lauréat :

Ori Huchi Kozia (né en 1987 au Congo, vit à Brazzaville)
Vidéaste autodidacte, « artiste par effraction », sa video « Bad Apple » lui permet d’intégrer la Femis. Son film « Le Cœur de la Bête »est présenté au Festival du film Panafricain de Cannes. Il créé le Titari Film Festival de Brazzaville en 2016.
Dans « Moudoumango »(primé par Orisha) il ressuscite la mythologie de l’ancien royaume de Kongo et cette créature étrange, à partir de la performance et installation vidéo, dans une esthétique du rebus et du chaos. Un œuvre qui engage physiquement et interroge les archétypes où l’onirisme de l’or le dispute à la misère la plus sombre.

Nous avons rencontré Claire Jacquet directrice du Frac Aquitaine et membre du Jury à Appartement. Elle a répondu à nos questions.

Mowwgli : Pourquoi avoir accepté l’invitation de Nathalie Miltat de faire partie du Jury ?

Claire Jacquet : J’avais déjà engagé des projets en faveur de l’Afrique Subsaharienne donc cela avait du sens. Quand je suis arrivée au Frac Aquitaine à Bordeaux la dimension internationale m’interpellait beaucoup : comment faire circuler nos œuvres à l’étranger ou comment accueillir la présence d’artistes étrangers dans la collection. Je me suis vite rendu compte que Bordeaux avait une histoire longue et compliquée avec l’Afrique qui est pourtant à notre porte, et que seulement 2 artistes africains appartenaient à nos collections où dominait un regard européen sur le continent. J’ai mis plusieurs années pour lancer un projet abouti en 2015 sous le titre : Folk art africain ?,composé avec plusieurs partenaires dont la fondation Zinsou au Bénin, Florent Mazzoleni et André Magnin autour d’une scène encore peu connue. J’ai pu alors faire entrer dans les collections des œuvres de Amadou Sanogo et Omar Victor Diop.
Le Prix Orisha était donc l’occasion de poursuivre et voir des dossiers intéressants, d’artistes pas encore montrés souvent dont des femmes, ce qui m’a fait plaisir car elles sont plus rares.

Mowwgli : Qu’avez vous retenu de cette aventure ?

C. J. : Un bilan très positif, Nathalie Miltat sachant rassembler les gens avec une réelle conviction. Des regards différents, de personnes ayant un lien avec l’Afrique de près ou de loin sans être jamais le même.
Mon sentiment est qu’il y a beaucoup à faire, l’Afrique aujourd’hui a un très fort potentiel. La réciprocité est la clé des possibles, comme dans toute relation humaine : le Frac Aquitaine pourrait valoriser sa collection en Afrique pour faire connaître d’autres œuvres et regards, l’Afrique pourrait aussi nous présenter ses artistes.

Mowwgli : En quoi l’initiative est -elle positive selon vous en terme d’ouverture et de visibilité pour la scène africaine contemporaine ?

C. J. : Ce prix est un prisme par lequel on peut avoir accès à des artistes peu visibles. À nous ensuite, membres du jury d’explorer plus encore au-delà. Ce sont des situations d’ouverture très importantes dans un marché de l’art africain encore beaucoup trop formaté. La notion d’essentialisation reste délicate, cette étiquette d’identité africaine étant aussi paradoxalement une force pour ces artistes même s’il faudra arriver à un moment à balayer les catégories pour considérer les œuvres en tant que telles.

Retrouvez bientôt le portrait de Claire Jacquet dans notre rubrique #Portrait en #ArtContemporain.

INFOS PRATIQUES :
Prix ORISHA 2017, exposition des finalistes
(sous l’égide de l’association Orafrica)
Commissariat : Jay Ramier
Galerie Appartement
27 bis rue Jacques Louvel Tessier
75010 Paris
(Exposition close)
Orafrica | soutient l’art & la culture subsaharienne

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