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Frédérique Founès et Marie Karsenty ont créé Signatures, maison de photographes il y a dix ans. Cette agence, elles l’ont pensée différemment dès sa création, en développant un modèle s’adaptant aux nouvelles pratiques de la photographie et à ses marchés. Une décennie est passée, et aujourd’hui l’agence représentent 50 photographes auteurs. Un anniversaire qui se célèbre au travers de deux expositions : la première s’est ouverte le 30 septembre dernier à l’Oeil en Seyne et la seconde s’inaugure à Paris ce soir même à Paris, dans les nouveaux locaux de l’agence.
Rencontre avec deux femmes courageuses.

Mowwgli : En 2007, vous décidez d’ouvrir Signatures, maison de photographes. Pouvez-vous nous raconter la genèse du projet ? 

Signatures, maison de photographes a été fondée il y a 10 ans au regard de nos expériences professionnelles et de l’évolution du marché de la photographie, entourées de 40 photographes majoritairement documentaires.

Nous avons choisi de créer une structure autour d’écritures affirmées, du photojournalisme à la photographie plasticienne, gardant une pluralité d’approches centrées sur la volonté de documenter la société contemporaine.

Nous avons pris pour bannière le nom de Signatures, pour affirmer le parti-pris des auteurs.

Frédérique a occupé le poste de responsable des relations presse des Galeries photo de la Fnac puis celui de responsable marketing de l’association des petits frères des Pauvres. Elle a travaillé conjointement pour l’association « Pour Que l’Esprit Vive » au sein de laquelle elle était en charge des relations presse et de la production des expositions de la galerie « Fait & Cause ». Elle a rejoint l’agence Editing en tant que directrice des projets culturels.

Marie a travaillé au service photo de l’édition lyonnaise de Libération tout d’abord comme archiviste et tireur puis éditeur photo. En 1988, elle a participé à la création de l’agence Editing. Pendant 18 ans, elle a été iconographe, responsable du fonds d’archives, puis de la création du serveur d’images

Mowwgli : Vous préférez nommer Signatures comme une « maison de photographes » et non comme « agence », une raison à cela ?

A la création de Signatures, nous avons repensé le modèle de l’agence pour l’adapter aux nouvelles pratiques de la photographie et de ses marchés, en gardant en ligne de mire les regards des photographes que nous représentons.

Nous utilisons le terme de maison de photographes car Signatures est un diffuseur d’images, mais aussi un lieu d’échanges où les auteurs sont accompagnés pour monter leurs projets.

Signatures est une entreprise légère, loin des modèles attendus dans notre profession.

Nous sommes cependant présents sur de nombreux terrains grâce à notre savoir-faire et des collaborations régulières avec des prestataires, documentalistes, scénographes, graphistes, réalisateurs etc. qui nous permettent de porter des projets ponctuels dont nous restons cependant toujours maîtres.

Mowwgli : En 10 ans, comment a évolué votre métier ? 

Il y a dix ans, nous pensions que l’avenir de la presse se trouvait en partie en ligne. sur les sites des journaux et magazines.

Ce glissement du papier au numérique ne s’est pas monétisé. Si la presse reste l’une de nos préoccupations, car elle permet de diffuser largement le regard de nos photographes et participe à l’histoire qui se construit en partie avec leurs images, nous sommes obligées de nous tourner vers d’autres marchés : institutions, entreprises, collectivités et même le grand public.

Nos photographes ont développé des travaux sur le long terme que nous exploitons ailleurs que dans la presse.

Mowwgli : En décembre dernier vous et d’autres agences photo avez rédigé une lettre ouverte à destination des groupes de presse pour dénoncer les nombreux impayés et les longs délais de rémunération, est-ce que cette action a rapporté ses fruits ? Qu’en est-il aujourd’hui ? 

Grâce à cette action collective, inédite, nous avons pu obtenir un rendez-vous avec les représentants du Ministère de la Culture et les groupes de presse qui tardaient à payer ont réglé une partie de leurs arriérés. Le Ministère de la Culture s’est engagé à effectuer un suivi, avec des rendez-vous réguliers. Mais nous restons tous très vigilants car rien n’est jamais acquis en la matière.

Mowwgli : Une décennie après la création de Signatures, vous avez emménagé dans le 11ème arrondissement de Paris avec un espace d’exposition qui accueille votre exposition « Dix sur Dix, choral ». Quel rôle jouera cet « espace des Fabriques » ? 

L’Espace des fabriques est une entreprise indépendante destinée à la création d’évènements qui accueille Signatures en résidence permanente. Cet espace nous donne l’occasion de proposer de nouveaux services aux photographes, au public et de créer des évènements autour de la photographie.

Pour l’exposition « Dix sur Dix, choral », les photographes de Signatures ont réagi à un texte de Marie Desplechin écrit pour le 10e anniversaire de notre maison. Ils ont travaillé cet été pour une restitution du 11 octobre au 12 novembre sur les murs de l’Espace des fabriques.

Nouvellement créé dans le 11e arrondissement, ce lieu peut être par ailleurs loué pour différentes manifestations temporaires.

Mowwgli : Vous représentez et diffusez 50 photographes, comment avez-vous opéré cette sélection ? Quels sont leurs profils? Êtes-vous ouvertes aux nouvelles candidatures ?

Nous représentons des auteurs choisis pour leur écriture photographique et leur talent. Notre spectre est large, composé de personnalités aussi différentes que celles de Patrick Bard, Raphaël Helle, Florence Levillain, Johann Rousselot,  photographes documentaires, Renaud Bouchez, Luc Choquer, Xavier Lambours, portraitistes, des photographes émergents comme Nadège Abadie, Jérémie Jung et Mathieu Farcy ou Bernard Plossu que l’on ne présente plus. Cette liste n’étant bien entendu pas exhaustive.

Tous nous aident à penser autrement le monde qui nous entoure.

Nous souhaitons rester une entreprise à taille humaine, mais nous ne sommes pas fermées à de nouvelles rencontres.

INFORMATIONS PRATIQUES
• Dix sur Dix, choral
44 photographes autour d’un texte de Marie Desplechin
Du 11 octobre au 12 novembre 2017
L’Espace des Fabriques
70, rue Jean-Pierre Timbaud
75011 Paris
• Dix sur Dix, 10 regards pour 10 ans de photographie
Du 30 septembre au 12 novembre
Dans le cadre du festival l’Oeil en Seyne
Villa Tamaris
La Seyne-sur-Mer
http://signatures-photographies.com

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