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Pour la 4ème fois, la Maison de la Photographie de Toulon accueille l’exposition itinérante du Prix HSBC pour la Photographie. Créé en 1995 sous l’égide de la Fondation de France , le Prix HSBC pour la Photographie accompagne tous les ans deux photographes professionnels de talent encore peu connus en les aidant à promouvoir et à valoriser leurs œuvres. Les lauréats 2017 de la 22e édition sont Laura Pannack et Mélanie Wenger. Elles ont été choisies parmi 10 photographes proposés par Maria Garcia Yelo, conseillère artistique et directrice du Festival PHotoEspaña.

Rémy Kerténian, Directeur des Affaires Culturelles de la Ville de Toulon et commissaire des expositions de la Maison de la Photographie, nous parle de cet évènement.

Depuis combien de temps la Maison de la Photographie collabore avec le Prix HSBC?

C’est la 4e fois que nous accueillons le prix à Toulon. Notre première collaboration remonte à 2006 et la dernière en 2013… Cette année-là, l’une des lauréates, Cerise Doucède, était Toulonnaise. Recevoir ses travaux à la Maison de la Photographie était donc incontournable.

Quel regard portez-vous sur le Prix en général et sur les lauréats de cette année?

Le cru est sans cesse intéressant. Le talent et l’univers des photographes retenus sont aussi le reflet des aspiration du jury et de son/sa conseillère artistique. En l’occurrence pour le Prix 2017, Maria Garcia Yelo a œuvré au Musée d’Art Contemporain de Vicente, puis au Centre d’art Reina Sofia, et elle a dirigé PHotoEspaña, très important festival international de photographie qui se tient tous les ans à Madrid de 2015 à 2017. Elle vient d’être nommée directrice du département d’art contemporain pour Christie’s Espagne. Et, depuis 2015, elle dirige PHotoEspaña, très important festival international de photographie qui se tient tous les ans à Madrid. En ce qui concerne les lauréats de cette année, pardon les lauréates, elles sont toutes deux attachées à la photographie documentaire. Une particularité qui permet de croiser les univers sans disperser et déstabiliser le public. Outre un regard sociétal très aiguisé, nos deux photographes ont en commun la tendresse portée sur l’humanité, mais aussi un certain humour le tout avec un talent d’auteur, de conteur.

Pouvez-vous estimer un impact sur la communication et la fréquentation de la Maison de la Photographie au moment de l’exposition des lauréats du Prix HSBC?

L’impact est forcément important. Le Prix HSBC accompagne les photographes mais aussi les structures accueillant leurs expositions à travers leur communication. Celle-ci est donc double et renforce celle déjà mise en place par la Ville de Toulon. Sans présager des fréquentations de l’exposition qui a ouvert vendredi dernier, je suis persuadé que ce sera, comme d’habitude, un des moments privilégiés dans la programmation de la Maison de Photographie cette année.

Les lauréates

Née en 1985, la photographe anglaise Laura Pannack cherche à analyser la relation complexe entre sujet et photographe. Le projet qu’elle présente, Youth Without Age, Life Without Death est « une réponse à un sentiment que j’avais que le temps nous échappe. Dans cette frustration, j’ai décidé de partir en Roumanie où j’ai trouvé par hasard, un conte qui répercute ce concept. Ce conte m’a inspiré pour créer les images qui transmettent un sentiment de la fuite du temps et de la vie. Ce travail est une exploration photographique de personnes, de lieux et de paysages que j’ai rencontrés dans ce pays » . Ce conte est celui de Petre Ispirescu (1830-1887) qui porte le nom de sa série. Le travail de Laura Pannack alterne entre « réalité et fantasme », en montrant que la vie quotidienne est marquée par des rituels issus de ces traditions , »avec la sensation que rien ni personne ne peut y échapper« . Les photographies reflètent de la mélancolie, une certaine empathie envers ces modèles qui signent une certaine fragilité de la vie. Une composition délicate, épurée, irréelle mais saisissante qui pose la question de l’existance fugage de la vie et que , comme le souligne la jeune photographe, « le temps n’est pas notre ennemi, et que ce qui compte, c’est le chemin parcouru et non pas sa durée ». Le second travail présenté est une exposition d’images postées sur chaque semaine sur un blog durant huit ans. « Le concept est simple » précise Laura, « une image et une histoire chaque jeudi. »

Mélanie Wenger est une photographe française de 30 ans qui vit actuellement à Bruxelles.  Son travail est de style documentaire et l’amène à explorer les solitudes humaines.  Elle a choisi de raconter des histoires « d’Hommes, de héros de l’ordinaire, de révéler leur profondeur au travers de l’immédiateté permanente de la photographie ».  Débutée en 2014, sa série  » Marie-Claude, la dame aux poupées »nous plonge dans l’intimité d’une dame isolée en Bretagne. Mélanie raconte: « Je tombe sur Marie-Claude, au bout d’un chemin sans issue dans un lieu-dit perdu des Monts d’Arrée bretons en avril 2014. « Tu viens voir mes poupées ?  » me lance-t-elle, en m’indiquant mon chemin. Dans sa maison de bric et de brocs je découvre un monde que je ne quitterai plus. Qui me hante et m’emplit de joie à la fois. »  Des photographies simples et sensibles, d’une profondeur très sincère, dénuée de tout jugement envers cette femme particulière, à la fois marginale, originale, émouvante et attachante. La photographe s’enchante de cete reconnaissance car « grâce au Prix HSBC, Marie-Claude deviendra une monographie et une exposition, et je pourrai donner à ce travail la « vie «  que je lui souhaitais. »

Le concours annuel pour participer au Prix HSBC pour la Photographie est ouvert de septembre à novembre à tout photographe n’ayant jamais édité de monographie, sans critère d’âge ni de nationalité. Chaque année, un nouveau conseiller artistique présélectionne une dizaine de candidats. Il présente alors ses choix au Comité exécutif qui choisit les deux lauréats. C’est Raphaëlle Stopin, coordinatrice des photographes et commissaire des expositions du Festival Interntional de Mode et de Photographie de Hyères qui a été nommée pour désigner les 10 nominés de la 23ème édition, dont les deux lauréats seront connus en janvier 2018. Les lauréats se verront récompenser d’une exposition itinérante de leurs travaux, d’une monographie de leurs oeuvres, d’une production de nouvelles oeuvres et enfin, six photographies intègreront le fonds HSBC France. Les monographies de Laura Pannack et de Mélanie Wenger ont été publiées cet été aux éditions Actes Sud.

INFORMATIONS PRATIQUES
Prix HSBC pour la Photographie 2017
Laura Pannack et Mélanie Wenger
Du 6 octobre au 04 novembre 2017
Maison de la Photographie
Place du Globe
83000 Toulon
Ouvert du mardi au samedi de 12h à 18h

A VENIR (Exposition Itinérante)
Laura Pannack & Mélanie Wenger
Lauréates 2017 du Prix HSBC pour la Photographie
> Du 10 novembre au 9 décembre 2017
Arrêt sur l’Image Galerie
Cours du Médoc
33000 Bordeaux

En savoir plus :
http://prixhsbc.evenium.com
http://laurapannack.com
http://www.melaniewenger.be

A Lire :
Interview avec Mélanie Wenger
Interview avec Laura Pannack

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