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Jusqu’au 19 novembre, l’exposition « Avant le lever du jour ou mémoire d’une utopie de banlieue » clôture la #saison1 des Ateliers d’Artistes Icade. Icade, opérateur immobilier de premier plan et acteur majeur du Grand Paris, a décidé de mettre en place une nouvelle politique de soutien artistique en créant les Ateliers d’Artistes Icade. Ce projet permet de mettre à disposition d’artistes des lieux de création et pour Icade d’animer ses nouveaux parcs immobiliers.

Une résidence nomade. Icade ne souhaite pas figer son action de mécénat dans un seul temps et un seul lieu. Il est prévu d’installer ses résidences dans des lieux éphémères et d’investir des espaces en cours de gestation.

Pour cette première saison, à Aubervilliers, au cœur d’un quartier en pleine mutation et dans un immeuble encore en  construction, Icade a offert à 5 artistes dont un duo, sélectionnés par un jury composé de représentants d’Icade ainsi que de professionnels et experts du monde de l’art, un espace qui s’est transformé pour 7 mois en atelier d’artiste.

A partir du 10 novembre, l’exposition « Avant le lever du jour ou mémoire d’une utopie de banlieue »  présente le fruit du travail de ces jeunes artistes en résidence qui avaient pour thématique de réflexion l’urbanisme, l’environnement et leurs mutations.

Pier Stockholm, nous propose une réflexion sur les différentes étapes qui participent à l’élaboration d’un projet de construction. De la maquette, dont il reprend certains matériaux. Du tracé, s’emparant du cordeau et de la poudre de traçage. Des matériaux, mariant béton brut à la marqueterie la plus fine. Dans ses réalisations sculpturales, des bois précieux comme le palissandre s’unissent à des matériaux modestes comme le béton, ou la mousse pour créer des sculptures totémiques où se fondent le socle et l’œuvre pour ne faire qu’un. Des œuvres à la beauté graphique immédiate.

Depuis quelques années, les territoires en mutation et les tensions qui s’y jouent entre l’urbanisation, l’humain et la nature sont les principaux sujets de réflexion de Marie Ouazzani & Nicolas Carrier. Ils reprennent le mobilier de Samuel Boutruche (commissionné par Icade au tout début du projet) dont ils s’emparent pour récréer des murets-jardinières de plantes sauvages récupérées dans les friches du quartier. Symboles de résistance. Vous pourrez d’ailleurs déguster une infusion de ces herbes, souvent aux bienfaits médicinaux. Tonique, énergisante.

D’autre part,  ils nous proposent un épisode de leur projet vidéo qui comptera une vingtaine d’épisodes. Cette série nous raconte les errances ou les pérégrinations d’une tribu d’irréductibles, résistants ou militants, au cœur de paysages toujours en mutation, dans la petite ceinture parisienne.  Une narration assez riche qui navigue en fiction, réalité et abstraction et qui réinterroge la place de l’homme dans un univers au bord de la chute. Résistance ! Vous dis-je.

Architecte de formation, Jessica Boubetra emprunte à l’architecture son langage et ses protocoles d’investigation. Elle développe une réflexion autour des structures modulaires. Très influencée par ses récents voyages au Japon,  Jessica  questionne la répétition et comment la reproduction d’une forme permet finalement autant de variantes et d’assemblages. Ses œuvres en céramique, bois, verre ou métal, à l’esthétique industrielle, sont réalisées de façon très artisanale et oscillent entre architecture, sculpture et installation. Un travail tout en délicatesse comme Jessica Boubetra.

Joël Degbo est à la fois peintre et vidéaste. Pour cette exposition, c’est la peinture qu’il a choisi comme médium. Avec une installation de 8 panneaux peints recto/verso et grand format,  Joël nous invite à une promenade. Comme il aime le dire :  « je ne suis pas le fruit du hasard mais le fruit de mon environnement ». Il nous propose donc de le suivre sur les chemins qu’il connait, dans des paysages dont on ne sait pas s’ils sont en voie de disparition, en survivance ou en devenir. Joël Degbo mêle le passé, le présent et le futur. Sa vison et son questionnement sont un trait d’union entre ces espaces temps.

Jessica Boubetra, Joël Degbo, Marie Ouazzani & Nicolas Carrier, Pier Stockholm examinent avec poésie les tensions entre les perspectives utopiques et dystopiques des banlieues et déplacent notre point de vue sur leurs géométries  géographiques, symboliques et temporelles.

Commissariat :  Anissa Touati

INFORMATIONS PRATIQUES
« Avant le lever du jour ou mémoire d’une utopie de banlieue »
Exposition du 10 au 19 Novembre 2017
#saison1 des Ateliers d’Artistes Icade
Icade
10 rue Waldeck Rocher
93300 Aubervilliers
Métro : Front Populaire (Aubervilliers)
http://www.icade.fr

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