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L’art contemporain, source de jouvence ? Possible, quand on voit l’éternelle jeunesse de quelques monuments de l’art contemporain Daniel Buren, Georges Rousse, Julio Le Parc, Jim Dine. Actuellement à Paris 4 expositions étonnantes et réjouissantes.

Daniel Buren. Pyramidal, haut-relief, travail in situ, 2017 © DB-ADAGP, Paris
Photo / kamel mennour

Daniel Buren explore de nouvelles perspectives avec « Pyramidal, haut-reliefs, travaux in situ et situés, 2017 » présentées actuellement et jusqu’au 25 novembre à la galerie Kamel Mennour. En recherche perpétuelle, il réinitialise et remet en jeu la forme mythique de la pyramide.

Sur les murs de la galerie quelques pyramides développent les trois dimensions en des prismes de miroirs, de couleurs complémentaires ou non, ponctuées de ses fameuses bandes noires et blanches de 8,7cm de large. Toujours fidèle à son travail in situ et déclinant à merveille ses éternelles bandes, Daniel Buren fait preuve encore une fois d’inventivité et, par ce jeu de miroirs, embarque le regardant dans son interaction et son interdépendance avec l’œuvre. L’occasion de voir également un film exceptionnel qui retrace sa carrière, ses réalisations et ses engagements artistiques.

Durham, 2016 © Georges Rousse / RX Galerie

Georges Rousse, lui aussi, parvient à se renouveler sans renier ce qui fait désormais sa signature. Ses anamorphoses se complexifient, s’enrichissent de formes. Dans la série des photographies exposées à la galerie RX, Georges Rousse consacre la salle sous verrière à une technique d’installation inédite réalisée à partir de papiers journaux.
12 photographies récentes sont à découvrir révèlent l’éternel jeunesse de ce infatigable septuagénaire dont les œuvres se jouent toujours de l’illusion, du point de vue, de la déformation et de la perspective.

Exposition Julio Le Parc / Galerie Perrotin

Par très loin de là, à la Galerie Perrotin, Julio Le Parc, le plus agé de la bande avec ses 89 ans, poursuit sa quête cinétique. Sur les deux étages de la galerie sont déployés des installations et mobiles inédits, ainsi que de nouvelles peintures. Exposées pour la première fois, ces œuvres dialoguent avec ses peintures, sculptures et installations des années 60 à 90. Et surtout, une œuvre en réalité virtuelle, réalisée avec son fils Juan Le Parc, nous offre une immersion inédite dans l’œuvre de l’artiste. Totalement magique.

Exposition Jim Dine / Galerie Templon

Derrière le Centre Pompidou à la galerie Templon, Jim Dine fait exploser les couleurs, les formes, les techniques pour mieux interroger ses thèmes de prédilection : la création, le soi, la mémoire. A 82 ans, l’artiste et poète américain, au travail dans son atelier de Montrouge, ne s’est jamais senti aussi libre.
La galerie dévoile un ensemble inédit de peintures réalisées à l’été 2017 dans son nouvel atelier. Autoportraits, compositions abstraites ou paysages d’objets, chacune des toiles renvoie toujours au même sujet : la peinture elle-même, son inspiration, sa production, son dépassement. Obsessionnel de la gravure, l’artiste s’est inspiré des travaux sur bois d’Edward Munch dans une nouvelle série d’estampes hallucinatoires composées comme des puzzles. L’artiste réimprime ses supports, y intègre de nouveaux fragments, en dessine les détails à la tronçonneuse, pousse jusqu’aux limites l’accumulation des couches. Jim Dine sort du plan. Point d’orgue de l’exposition, un autoportrait en bronze haut de plus de 2 mètres : la tête de l’artiste hérissée d’outils, comme une affirmation du pouvoir de la main sur celui de la tête ? La sienne est toujours bien faite en tout cas.

Il est possible que la jeunesse de ses montres sacrés soit contagieuse, je vous invite donc à visiter ses expositions de toute urgence. Une prescription dans tous les sens du terme.

INFORMATIONS PRATIQUES : 
Bifurcations : Julio Le Parc
Du 14 octobre au 23 décembre 2017
Galerie Perrotin
76 rue de Turenne
75003 Paris

Jim Dine
Montrouge Paintings
Du 4 novembre au 23 décembre 2017
Galerie Templon
30 rue Beaubourg
75003 Paris

Georges Rousse
Du 14 septembre au 18 novembre (derniers jours!)
GALERIE RX
16 rue des Quatre Fils
75003 Paris

Daniel Buren
« Pyramidal, hauts-reliefs, travaux in situ et situés, 2017 »,
Du 12 octobre 2017 au 25 novembre 2017
Galerie Kamel Mennour
47 rue Saint-André des arts
75006 Paris

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