Temps de lecture : 2 minutes et 34 secondes

Du nouveau au Mudam avec la nomination de Suzanne Cotter à la tête de l’institution. Actuellement directrice du Musée d’art contemporain de la Fondation Serralves à Porto, elle prendra officiellement ses fonctions au 1er janvier 2018.

Nouvelle configuration : Dès l’entrée le visiteur est accueilli au sein d’un véritable espace d’exposition avec deux œuvres emblématiques de la collection : Les Bancs-d’eau de David Dubois et Pond Life de Bill Woodrow (des espèces sonnantes et trébuchantes pour remercier le public de sa visite !)

Su-Mei Tse.Nested (née en 1973 à Luxembourg)

Lion d’Or à la 50ème Biennale de Venise en 2003, Su-Mei Tse participe au rayonnement du Luxembourg sur la sphère internationale, son exposition est
pour moi la plus aboutie et inspirante.
Le grand Hall est investi par la Stone Collection de cette artiste aux origines bi-culturelles, une référence à la tradition des « rochers de lettrés » déployée dans cet espace monumental. La relation à la nature, la cristallisation d’un souvenir, les réminiscences, les liens subjectifs avec l’histoire, l’apparition et l’effacement, le son et l’image sont autant de clés de lecture possibles face à ces œuvres d’une grande poésie.
La vidéo « Pays de neige » réalisée pendant son séjour à la Villa Médicis à partir de la répétition du geste du jardinier rejoue l’essence du jardin zen. Les images flottantes de contact juggling prises dans des édifices emblématiques de l’histoire européenne (Berlin, Rome et Tivoli) détournent l’attention de leur caractère autoritaire, « White Noise » en référence à ce blanc sonore nous offre une parenthèse en suspension, tandis qu’également avec la musicalité « Mistelpartition »relie Chostakovitch avec une forêt de boules de gui. Autant de correspondances qu’il nous incombe de déchiffrer dans une rêverie sensorielle.
Il est intéressant de noter l’itinérance de l’exposition de l’Europe à l’Asie, qui renvoie aux origines de l’artiste. Après le Mudam, la Suisse puis Chine et enfin Taïwan dans 4 musées d’exception. L’idée est aussi d’accompagner les artistes luxembourgeois et favoriser leur visibilité internationale.

Commissaires : Christophe Gallois (Mudam) et Katrin Weilenmann (Aargauer Kunsthaus)

Flatland/Abstractions narratives #2

En partenariat avec le Musée régional d’art contemporain Occitanie/Pyrénées-Méditerranée (MRAC Sérignan) où s’est déroulé le 1er volet de l’exposition ce parcours regroupant 25 artistes contemporains explore le retour de la narration dans le panorama contemporain à partir de l’abstraction, ce qui peut sembler paradoxal de prime abord. Découpée en 3 chapitres : Index (Julien Prévieux et son fameux Pickpocket d’aluminium), Circulation (superbe Vestibule de Tarik Kiswanson et Prismatique de Raphaël Zarka) et amorces (Laetitia Badaut Haussmann, Vera Kox, Sonia Kacem) le jeux d’échos et de correspondances et d’interactions avec les héritages passés est tout à fait pertinent.
Commissaires : Marianne Derien, Sarah Ihler-Meyer

Hard to Picture : a tribute to Ad Reinhardt

C’est la plus grande rétrospective dédiée à la carrière d’illustrateur d’Ad Reinhardt avec plus de 250 caricatures politiques et satiriques provenant de la Fondation Ad Reinhardt de New York. L’occasion de redécouvrir son engagement en faveur des droits syndicaux et anti-militariste.
A partir d’une grande variété de supports ces collages prennent leur source dans les grands courants européens que sont le Cubisme, Dada, le Constructivisme et d’une lecture assidue de la bande dessinée dès son plus jeune âge.
Parallèlement des artistes contemporains revisitent cette approche dont Lili Reynaud-Dewar et sa prodigieuse installation multimedia « Dents, gencives, machines, futur, société »autour de la théorie post-humaniste d’Haraway sur la figure du cyborg. Sara Cwynar se penche sur le pouvoir illusionniste de la photographie à partir d’un papier peint créé spécialement « 72 Pictures of Modern Paintings »qui recompose des chefs d’œuvres dans une veine post-féministe.
Enfin Alvaro Oyarzun a été invité à dessiner une « carte » autour de l’influence de Rienhardt. Des connexions multiples surgissent comme un itinéraire mental à partir de fragments encyclopédiques. Vertigineux !

Commissaire : Diana Baldon, Marie-Noëlle Farcy

Un catalogue sera publié en janvier 2018 co-édité par les 2 institutions.

Le festival Est Express : 3 jours d’évènements entre le Centre Pompidou Metz et le Mudam pour nous appeler à franchir les frontières habituelles de l’art dans un esprit ludique, avec notamment la performance du chorégraphe américain de Jonah Bokaer que je développerai plus en détail.

INFOS PRATIQUES :
> Hard to Picture : A tribute to Ad Reinhardt
Jusqu’au 21 janvier 2018
> Su-Mei Tse. Nested
Jusqu’au 8 avril 2018
> Flatland/Abstractions Narratives #2
Jusqu’au 15 avril 2018
Programmation autour des expositions.
MUDAM
3 Park Draï Eechelen
Luxembourg
Tarifs :
8€ adultes / 5 € jeunes
http://www.mudam.lu

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