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Carte Blanche à Aurélie Tisseyre : Erik Van Lieshout

Temps de lecture : 1 minute et 18 secondes

Deuxième journée de Carte Blanche pour notre invitée de la semaine, Aurélie Tisseyre. La co-fondatrice de Mowwgli a souhaité nous parler d’une installation de l’artiste hollandais Erik Van Lieshout : « Respect ».

On a beaucoup entendu parlé ces dernières semaines de l’artiste hollandais Erik Van Lieshout avec son installation déprogrammé au Louvres et finalement présentée sur le parvis du centre Pompidou lors de la FIAC 2017. Habitué des grandes rencontres institutionnelles internationales, ses oeuvres choquent et touchent les publics quel qu’ils soient.

Mais c’est une autre installation de l’artiste sur laquelle je souhaitais m’attarder que j’ai eu l’occasion de voir il y a quelques années. D’abord, cette installation, présentée lors de la biennale de Venise en 2003, l’a propulsé sur la scène internationale, ensuite parce qu’elle révèle déjà l’engagement et la complexité des travaux d’Erik Van Lieshout, qui souvent confronte nos pensées à nos actes.

« Respect », c’est d’abord une installation: une cabane en latte de bois brut, tapissée de tapis d’orient  cheap et meublée de chaises de designer grossièrement imitées et de transats bricolés. On y entre, on s’y installe, on se sent un peu comme dans un camping avec ce petit sentiment de malaise, parce que cette cabane n’a rien de comparable avec celle qu’on se construit lorsqu’on est enfant. Elle ressemble plus à celles qu’on voit dans la « jungle » de Calais au 20h00. Sur un écran central est diffusée en boucle la vidéo « Respect »: un mélodrame de 8 minutes qui se déroule dans les rues cosmopolites de Rotterdam. On y découvre Van Lieshout lui-même, en quête d’un amant pour son frère parmi les jeunes marocains de son quartier. Le sentiment de malaise s’accentue quand se croisent cette homosexualité ouverte confrontée à une culture machiste. Le dispositif est explosif et fait écho au décor imaginé par l’artiste pour diffuser la vidéo. Il montre que les identités clairement définies ont explosé mais c’est aussi son approche de la question de la tolérance à laquelle nous sommes confrontés durant ces huit minutes chaotiques, qu’il aborde de façon directe et sans ménagement.