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Docteur en Arts et Sciences de l’Art de l’Université Paris 1 Sorbonne. Ses axes de recherche concernent les domaines de la vidéo, de l’exposition et de la performance. Professeur au Pavillon Bosio, Art&Scénographie, Ecole Supérieure d’Arts Plastiques de la Ville de Monaco depuis 2006, elle co-dirige l’axe de recherche sur la scénographie d’exposition comme médium.
Elle a imaginé avec Marc Barani une première édition de MOVIMENTA autour du titre « Habiter les territoires ».

Elle a répondu à nos questions à l’occasion du vernissage du salon Camera Camera à l’hôtel Windsor.

Mowwgli : Parlez-nous du dynamisme de la scène niçoise

Mathilde Roman : Je suis arrivée à Nice il y a 11 ans, lorsque j’ai commencé à enseigner à Monaco. Au début, je ne pensais pas forcément m’investir localement, même si j’appréciais beaucoup le dynamisme culturel de la région. Assez spontanément les rencontres se sont faites et l’on m’a demandé d’accompagner des projets autour de mon domaine de recherche, les vidéos et films d’artistes. J’ai ainsi discuté avec Odile Redolfi de son projet OVNI et mis en place des tables-rondes autour de l’idée d’un festival vidéo à Nice. Je me suis rapprochée aussi de la programmation de l’ECLAT et après quelques collaborations, Marianne Khalili Roméo et Estelle Macé m’ont demandé de m’associer à la conception du projet MOVIMENTA.

Mowwgli : Movimenta, comment avez vous pensé ce commissariat ?

M. R. : Plus que la question du commissariat sur un projet, j’ai voulu réfléchir en amont, et j’ai organisé plusieurs journées de réflexion associant artistes, curateurs, théoriciens… J’ai également monté avec Benjamin Laugier une première exposition à la Station, associée au forum « Plein Ecran », fin 2016. Avec l’équipe de l’ECLAT, nous avons pris le temps de réfléchir à un projet autour de l’image en mouvement dans sa relation à l’espace public, à la collaboration entre artistes et ingénieurs, tout en interrogeant la pertinence aujourd’hui de lancer une biennale sachant qu’il s’en ouvre partout dans le monde. L’architecte Marc Barani a été aussi très associé à la réflexion, et sa vision d’un territoire, et des places données à l’image et au mouvements des corps, a été très importante pour ce projet, où on a cherché à inventer d’autres possibles. D’emblée et pour que cela ait du sens, nous avons voulu faire une biennale liée à un contexte, à une histoire, à Nice d’où le titre « habiter les territoires » . Nous avons collaboré avec de nombreuses structures publiques et privées, qui sont très actives ici, tout en interrogeant la manière dont le territoire de Nice est identifié de l’extérieur. La prochaine étape sera un projet dans l’espace public, au printemps, avec trois dispositifs de projection traitant de trois relations archétypales à l’image : le monumental, l’intime et l’immersion.

Mowwgli : Comment avez-vous pensé l’exposition du Prix Jeune Création ?

M. R. : Très vite, j’ai souhaité que le Prix Jeune création soit une exposition, et le site du 109, anciens abattoirs de la Ville de Nice, nous a semblé idéal. Ce n’est pas commun de faire une exposition pour un prix vidéo, et d’ailleurs Anne-Marie Duguet, qui faisait partie du Jury et a une grande habitude dans le domaine me disait que c’était la première fois qu’elle était en condition d’exposition pour donner un prix vidéo. C’était un parti-prix fort et en même temps compliqué qui impliquait des moyens conséquents et la prise en compte de problématiques liée à une exposition collective dans un espace non muséal. Nous avons donc fait appel à un jeune scénographe, que je connaissais bien puisque enseignant à l’école d’art et de scénographie de la Ville de Monaco, le Pavillon Bosio, je suis proche de cet univers. Je me suis également associée à Claire Migraine, commissaire à l’origine du projet Thankyouforcoming, pour construire ensemble ce projet, sélectionner les oeuvres,…

Mowwgli : Revenons à la collaboration avec Smarin qui a accueilli l’atelier lié au livre « Corps et images, dispositifs et écrans contemporains »

M. R. : L’atelier de la designer Smarin c’est une belle rencontre aussi grâce à Movimenta. C’est réjouissant de voir qu’à Nice il y a des pratiques artistiques menées avec autant de générosité et d’exigence. « Corps et images » est un ouvrage que j’ai dirigé avec Jacinto Lageira et qui est lié à toute une série de colloques et de recherches menées depuis 1 an 1/2 entre le Jeu de Paume à Paris et ici avec Movimenta, qui interrogent les relations conceptuelles et émotionnelles entre les œuvres, les corps, les dispositifs, en donnant à entendre de nombreuses paroles d’artistes, comme Aernout Mik, David Claerbout, Peter Campus. L’idée aussi était de traduire des théoriciens de langue anglaise, qui ont participé aux colloques, et n’avaient encore jamais été publiés en français. L’ouvrage est donc une mise en circulation d’idées, d’initiatives, de rencontres.
http://www.editionsmimesis.fr/catalogue/corps-et-images/

Mowwgli : L’initiative Camera Camera

M. R. : C’est essentiel d’avoir ce relais de la part des galeries qui sont un acteur très important pour soutenir les artistes et participer à une économie de l’art très fragile. J’ai été plusieurs fois à Loop et son directeur Emilio Alvarez était membre du Jury Movimenta.

EN SAVOIR PLUS :
Festival Movimenta
du 27 octobre au 26 novembre 2017
(Evénement terminé)
06000 Nice
http://www.movimenta.fr/biennale
http://www.movimenta.fr/speakers/mathilde-roman/

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