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Découvrir la bande dessinée  : 2ème épisode

12 min. de temps de lecture.

#BubbleTips N°2 — BD de genres ou les nouveaux classiques en 10 essentiels

Attention on touche au cœur, aux albums emblématiques de “l’âge d’or” de la bande dessinée en France : ce moment où les BD étaient partout, où les séries adultes ont fait leurs nids dans les librairies et chez les lecteurs.
Dans la première partie de ces dossiers, nous nous sommes arrêtés sur les grands classiques : les albums que l’on pouvait retrouver chez pépé & mémé, à la bibli ou au CDI : en bref, les albums les plus connus du grand public. Mais aujourd’hui on s’attaque aux nouveaux classiques via la BD de genre, des albums que tous les fans de BD connaissent.

📙 BD de genres ou les nouveaux classiques en 10 essentiels

1 – BLUEBERRY
Western réaliste au dessin somptueux, la série Blueberry débute avec les grandes heures du journal Pilote révélant un jeune dessinateur Jean Giraud, qui se comptera parmi les auteurs les plus doués et emblématiques de l’histoire du médium. Jean-Michel Charlier, scénariste prolifique, lui propose alors un western réaliste, passionné et violent qui se démarquera des autres histoires du genre déjà en vogue à l’époque. La série se distingue aussi par son côté humaniste et l’évolution du personnage qui va vieillir, changer de points de vue, de camp et prendre la défense des Amérindiens.
Giraud est encore considéré comme l’un des dessinateurs les plus importants du XXe siècle et son/ses styles (car il a mené une carrière parallèle sous le nom de Moebius) restent une référence pour les lecteurs et les auteurs. Tout simplement sublime, on peut parcourir les albums de cette série uniquement pour ses dessins ! Vous pouvez lire ici le coup de cœur en intégralité.

🚧 Toute la série n’est pas forcément conseillée, plusieurs scénaristes et dessinateurs sont intervenus dans les différents cycles. Quatre cycles principaux composent la série : Blueberry, la Jeunesse de Blueberry, Marshall Blueberry et Mister Blueberry

On reste très fan de la série régulière Blueberry & Mister Blueberry et du triptyque Marshall Blueberry, un peu moins de la Jeunesse de Blueberry

❤️ Nos préférés :
La Mine de l’Allemand perdu,
Le Spectre aux balles d’or,
L’Homme qui valait 500 000 $,
Nez Cassé


2 – XIII
Peut-être la série d’espionnage qui a le plus marqué le genre. Largement « inspirée » des romans de Robert Ludlum, Jean Van Hamme et William Vance ont créé une saga d’intrigue et d’aventure autour d’une trame historique. Rejouant l’assassinat de Kennedy & les mystères qui l’entourent, les ingérences des USA en Amérique du Sud et ses répercussions politiques ; la série réussit à garder son fil rouge (avec la question : qui est réellement XIII ?) en changeant à chaque album de décors et d’ambiance.
Le dessin réaliste et documenté donne une aura mystérieuse à l’ensemble et nous immerge complètement dans l’univers alors que le scénario à tendance a nous perdre.

🚧 On vous conseille de vous arrêter au tome 12 (et le dossier HS qui suit) album qui clôt véritablement la série, la suite repart sur une autre intrigue et n’est franchement pas à la hauteur.
Les spins off proposent de bons albums et d’autres à éviter absolument. On conseillera La Mangouste, Steve Rowland, Irinapour ceux qui veulent tenter l’aventure, mais on n’est pas dans l’indispensable.

❤️ Nos préférés :
Le Jour du soleil noir,
Toutes les larmes de l’enfer,
S.P.A.D.S.,
La Nuit du 3 août,
La Mangouste


3 – JÉRÔME K. JÉRÔME BLOCHE
En littérature il n’y a pas que les anti-héros il y a aussi les anti-stéréotypes. Jérôme n’est pas un séducteur, une tête brûlée ou un flingueur, encore moins un expert en tout, un cynique ou celui qui a le bon mot au bon moment. Pourtant Jérôme est un détective. Et loin des clichés, ce privé résout patiemment ses enquêtes, banales ou dangereuses, et tente de vivre sa vie comme vous et moi. Une fiancée, des soucis d’argent, d’appart’, des difficultés pour concilier vie personnelle et boulot,… la force de cette série réside dans les détails & sa vision de l’intime sous le verni policier.
Envoûtante par son dessin proche de la ligne claire et ses couleurs chaudes, le dessinateur cartographie la France et surtout la ville de Paris avec un charme certain. Ses personnages sont attachants et dégagent quelque chose d’indescriptible qui ne passe que par le dessin.

🚧 On conseille toute la saga, qui comme dans toute série au long court connaît des épisodes mieux que d’autres, mais là pas de mauvaises surprises.

❤️ Nos préférés :
Zelda,
Le cœur à droite,
Un fauve en cage,
L’ermite,
Le couteau dans l’arbre


4 – SILLAGE
Emblématique du renouveau de la Fantasy/SF qui va dominer les années 90–2000, Sillage arrive avec un concept neuf et intrigant qui permet à ses auteurs d’explorer toutes les possibilités narrative et graphique du genre. Grands fans de mangas, et après avoir collaboré sur Nomad, un seinen à la française, les auteurs tentent d’importer leurs influences dans une série franco-belge avec succès. Intrigues politiques, quête de soi, réflexion sur l’humanité, action et fan service : une recette qui emporte immédiatement un public.
Le trait chaleureux de Philippe Buchet lui laisse toute latitude pour designer & créer des centaines de créatures ou d’engins crédibles, ou encore de changer le look de son héroïne, à la fois pin-up et guerrière, et ce plusieurs fois par album sans freiner le rythme. Un style qui permet aux auteurs de proposer des univers complexes & nouveaux à chaque aventure.

🚧 Cependant toute la série n’est pas conseillée, certains albums sont moins réussis au fil de la série et on aurait aimé que l’intrigue principale avance un peu plus vite, car certains épisodes font un peu « remplissage. »
Il n’en reste pas moins que certains épisodes sont très bons et l’ensemble tiens la route.

❤️ Nos préférés :
À feu et à cendres,
Collection privée ,
Engrenages,
Nature humaine


5 – SODA
Autre polar atypique, cette série présente Samuel, un flic voué à l’action, qui doit se faire passer pour un pasteur aux yeux de sa mère qui ne supporte pas la violence : ce qui occasionne pas mal de quiproquos dans les quartiers de New York où l’action se situe. Dans la veine des polars sociétaux, l’intrigue offre un panorama des rues et de ses habitants très intéressant et pertinent en plus de l’enquête proprement dite ; les auteurs se penchent sur des questions difficiles comme le racisme, les violences sur les mineurs, les drogues,…
Proche de la ligne claire, il y a un côté Spirou réaliste dans le trait de Gazzotti, un traitement graphique qui permet quelques fantaisies en gardant une belle tension dramatique et encrée dans notre époque.

🚧 Toute la série est conseillée, avec bien sûr quelques variations d’épisodes plus ou moins fort, mais l’ensemble reste de très haut niveau.

❤️ Nos préférés :
Lettres à Satan,
Tu ne buteras point,
Fureur chez les saints,
Confession express,

Prières et balistique


6 – LES CITÉS OBSCURES
Première grande série sans personnages récurrents, les villes & leurs architectures sont les points de départ ; les héroïnes de cette saga. Contes inquiétants, légendes de pays imaginaires, relectures de mythes,… Chaque album présente un univers où l’inquiétant se cache dans le quotidien, où le fantastique se dévoile en miroir de notre réalité. Érudits et oniriques, exigeants et parfois difficiles, ces livres détonnent dans le paysage de la bande dessinée mais ont réussi à toucher puis fidéliser le grand public.
Le succès vient en grande partie du dessin incroyable de François Schuiten. Grand technicien, il s’attaque à ses perspectives et des architectures très élaborées. À l’image des scénarios très différents, à chaque nouvel opus, le dessinateur s’essaye à des techniques ou des mises en page très différentes. En faisant de chaque album un livre assez unique sous le label des Cités obscures.

🚧 Tous les albums, ou presque, sont indépendants mais il y a un intérêt à les lire dans l’ordre. Ici aussi, on aime beaucoup certains tomes, d’autres moins il y est assez difficile de conseiller ou non l’ensemble de la série, on se contentera de vous indiquer nos préférés.

❤️ Nos préférés :
Les murailles de Samaris,
La fièvre d’Urbicande,
Brüsel,
L’enfant penchée,

La frontière invisible 1&2


7 – L’ÉPERVIER
Fiction historique, un genre qui a tenu longtemps sur les tables des libraires avec plus ou moins de succès et dont L’épervier est l’un des plus réussis. Alliant précision documentaire et puissance romanesque, nous sommes dans du feuilleton de cape et d’épée & dans ce qui se fait de meilleur dans le genre. L’intrigue commence dans la Bretagne du 18e siècle, puis nous emmène en mer, en Guyane et au Canada. On entre directement dans l’action dès les premières pages et ça ne s’arrête jamais d’album en album.
Avec un dessin à la fois classique, mais très technique, une illusion de simplicité qui fait sa force. Ça et ses dialogues d’un autre temps qui font mouche. Vous pouvez lire ici le coup de cœur en intégralité.

🚧 Toute la série est conseillée et si vous avez la chance de tomber sur les tirages très limités des fascicules présentant ses recherches, sa documentation en plus des planches du nouvel album, jetez-vous dessus. Ce sont de petits bijoux.

❤️ Nos préférés :
Le Trépassé de Kermellec,
Tempête sur Brest,
Captives à bord,
Le Trésor du Mahury


8 – LANFEUST DE TROY
C’est la série de fantasy qui a marqué plusieurs générations de lecteurs et qui a remis le genre au goût du jour. On ne compte plus depuis les nombreuses variations, déclinaisons et copies au sein de la maison Soleil (ou chez les concurrents.) Pour toute une génération, Arleston a incarné la touche humoristique fantastique à la française (quand il triomphait avec Terry Pratchett en roman ou dans les productions Hollywoodiennes) un genre qui a été usé jusqu’à la corde dans sa profusion de premiers tomes sans suites.
Le dessinateur Didier Tarquin, soutenu par Jean-Louis Mourier dans Troll de Troy, a dû réinventer le bestiaire et les codes visuels ; qui étaient figés entre un classicisme des contes & légendes traditionnels et les productions US plutôt proches du new age ou du jeux de rôle. Un trait qui s’est aussi imposé par la manière nouvelle de découper les albums dans des grands formats qui tranchent avec les titres de l’époque.

🚧 Le premier cycle de la saga est conseillé même si c’est certain que c’est une lecture qu’on a aimée ado, on a plus de mal à la relire aujourd’hui. Troll de Troy s’en sort un peu mieux peut-être étant plus décalé, plus porté sur le gag…

❤️ Nos préférés :
L’ivoire du Magohamoth,
Le frisson de l’Haruspice,
Cixi impératrice,
Histoires trolles


9 – MURENA
Depuis Alix, les séries sur la Rome antique n’avaient jamais été à la hauteur de la précision et l’exploration de la période romaine : jusqu’à Murena. Assez précise, mais gardant quelques libertés avec l’Histoire, cette série s’attache aux personnages très noirs de Néron et de sa mère Agrippine. Si leurs destins ont souvent été mis en scène, la bande dessinée de Jean Dufaux & Philippe Delaby propose une lecture amoureuse et intrigante de ces épisodes historiques.
Le dessin reste assez perturbant avec son côté cru et violent ; tout en affichant une certaine élégance et maîtrise. Autant dans le scénario que dans le trait de Philippe Delaby, le corps est l’objet principal de cette saga et sa mise en scène, des scènes amoureuses aux combats de gladiateurs en passant par les fêtes et les représentations de la vie quotidienne mettent bien cela en valeur. Une mention spéciale pour le travail magistral de l’auteur sur les couvertures qui sont très percutantes.

🚧 On ne conseillera pas forcément toute la série, mais le premier cycle le complot autour d’Agrippine, du tome un au quatre, est réussi.

❤️ Nos préférés :
La pourpre et l’or,
De sable et de sang,
La meilleure des mères,
Ceux qui vont mourir…,
La Déesse Noire


10 – CHRONIQUES DE LA LUNE NOIRE
Dark fantasy, très éloignée de Lanfeust dont on parlait plus haut, cette série de François Froideval & dessinée par Olivier Ledroit puis Cyril Pontet et enfin Fabrice Angleraud n’hésite pas elle aussi à faire référence aux jeux de rôles et à l’imagerie de ces derniers. L’histoire se présente comme une quête des plus classique avec ses personnages archétypaux, mais là où les auteurs font la différence et inscrivent durablement leur série : c’est dans leur choix de renverser les valeurs. Les héros sont des démons, tueurs, bandits ou renégats & le lecteur s’attache à une bande terrible qui commet des horreurs pour parvenir à ses fins (en même temps leurs ennemis sont encore plus horribles…)
Côté dessin, c’est là que cette saga a gravé son nom dans la mémoire de toute une génération, Olivier Ledroit a posé les bases d’un univers riche et violent, n’hésitant pas à créer des compositions de pages ou de doubles pages tenant plus de la tapisserie que de la case de BD. Le souci du détail, les inventions graphiques ont fait de loin la renommée du titre. Mentionnons également le travail des coloristes, d’Isabelle Merlet en particulier, qui ont sublimé ses dessins alambiqués et puissant sans rien perdre de leur lisibilité.

🚧 Toute la série n’est pas conseillée, et idem pour les innombrables spin-offs (par contre on a pas testé les jeux vidéos ou de plateau) On vous conseille de lire les premiers volumes jusqu’au 11 pour vous faire une idée avant d’aller plus loin.

❤️ Nos préférés :
Le Signe des Ténèbres,
Le vent des Dragons,
La Marque des Démons,
Quand sifflent les Serpents,
La danse écarlate,
Ghorghor Bey

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