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Oui le jeu de mot est facile! Mais que dire de plus après avoir gouté la cuisine délicate et raffinée de ce joli restaurant de Deauville.
Premier voeu exaucé donc de ma whishlist de Noel. Cette adresse nichée derrière la place du marché n’a pas déçue, bien au contraire et devrait vite devenir incontournable.

Le chef Charles et sa compagne Mi-Ra ont mis la barre haute dans un environnement ultra concurrentiel (plusieurs restaurants étoilés sur la Côte).

Le mariage de la rigueur et de la créativité s’épanouit dans l’assiette…dans les assiettes, devrait-on dire, puisque chaque plat, soigneusement dressé, est associé à un univers créatif de très bon goût (porcelainier Bernardaud ou Montgolfier).

Déjeuner à l’Essentiel est donc autant un voyage savoureux qu’un moment de plaisir où tous les sens sont stimulés. La salle est longue et large, bien agencée. Elle accueille des tables de bois sérusé, bien espacées et des fauteuils ou vastes canapés dans des camaïeux de bleus et de gris.

On est bien, sous le grand puit de lumière. Les luminaires, en harmonie avec la localité, nuages ou suspensions en plumes rappellent les mouettes qu’on aperçoit par le toit de verre.

Tout est feutré, jusqu’à la touche de musique, en sourdine, pour vous permettre de vous concentrer sur les plats qui sortent de la cuisine grande ouverte sur la salle, à l’abri d’une grande baie vitrée.

Il faut maitriser totalement son art pour se livrer sans craindre les regards des convives impatients lors du coup de feu.

Mélanie prendra votre commande et vous conseillera souriante, sûre de ce qui sortira quelques instants plus tard des cuisnes. Elle vous parlera accord des mets et vins, épices, condiments et autres surprises à venir.

La commande est passée, « suprême de volaille sur chutney de légumes » et « terrine fondante de boeuf » pour commencer: on s’affaire de l’autre coté de la vitre: quatre passionnés s’activent.

On assiste à un ballet silencieux et précis. Soo Woong, aux entrées et Kyeong A, aux desserts, tous deux venus de Corée pour une année d’échange secondent parfaitement les deux maitres des lieux.

Le chutney croque à peine sous la dent quand le suprême de volaille fond dans la bouche. La terrine, ressemble à une tranche fine d’opéra, avec ses couches délicates de viandes et gelée garnies de copeaux de radis marinés et acidulés. C’est fin, précis, précieux. Puis viennent les Gomitti, qui lors de la commande ont fini par l’emporter sur le pavé de lieu jaune. Il faut dire que ces pâtes coudées au chorizo, butternut et émulsion coco propose un voyage multiple qui vous emporte loin. Et la bavette de wagyu au jus fumé, juste persillée est parfaitement saisie, presque un tataki pour moi qui aime les viandes bleues.

Les desserts, qu’on avait d’abord déclinés, par excès de rigueur inutile, viennent parachever ce moment harmonieux, suspendre le temps un peu plus. Au menu du jour, des sphères de chocolat blanc sur lit de fromage frais au citron: subtiles, délicates, surprenantes par leur texture fondante au coeur croquant et glacé. A la carte et malgré des suggestions inédites, comme les Couleurs d’automne ou les douceurs caramel au miso, c’est finalement le chocolat qui l’emporte. Une véritable oeuvre d’art à l’oeil comme au palais: Un tableau, une « nature morte » que cette crème glacée au chocolat fumé, pralins et griottes confites. Le fumage du chocolat est une réussite absolue. Ici pas de densité qui emporte tout et vous laisse la bouche agacée.

On ne parle pas de perfection avec Charles, même si on en meurt d’envie. Lui vous parlera de passion,  de prises de risques quotidiennes, de cette mise en danger qui stimulent l’imagination, bousculent les certitudes. Il évoquera les produits locaux qu’on lui propose, que Mi-Ra et lui mettent en scène pour le plaisir de nos papilles, comme cette pintade de lait qu’ils serviront pour le menu de la Saint-Sylvestre.

Hâtez-vous de réserver car le restaurant est quasi complet pour passer en 2018, qui sera, je leur souhaite l’année de la consécration pour ce couple à la ville comme en cuisine: dynamique, passionné et ancré dans le monde multiculturel cher à Mowwgli.

C’est à leur engagement passionné qu’on sait qu’on touche à l’Essentiel.

Photos : © L’Essentiel

INFORMATIONS PRATIQUES
L’Essentiel
29 Rue Mirabeau
14800 Deauville
http://www.lessentiel-deauville.com

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