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Découvrir la bande dessinée  : 4ème épisode

18 min. de temps de lecture.

#BubbleTips N°4 — Les grands maîtres de l’humour en 10 essentiels

Pour ce quatrième dossier, on vous propose de plonger dans les dix albums d’humour qui nous paraissent les plus essentiels. L’humour, probablement la chose la plus difficile à écrire et dessiner, tant le spectre est large et son appréciation encore plus. Desproges avait trouvé la réponse la plus fine à ce débat infini “Oui, on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui.”

Place au quatrième tips pour construire votre bibliothèque idéale les grands maîtres de l’humouren 10 essentiels

1 – GASTON LAGAFFE (+ LES IDÉES NOIRES)
Que dire sur l’un des personnages de fiction les plus aimés ?
L’homme au pull-over vert maladroit et sensible, amoureux de la nature et des bêtes, curieux et rêveur est devenu en quelques planches le plus beau personnage de la bande dessinée. Car il est proche de nous, il est celui qui nous parle le plus : à la différence de beaucoup de personnages Gaston est humain. Ce n’est pas un héros sans failles, au contraire il a ses faiblesses, ses défauts, mais n’essaie pas de les cacher. Ce n’est pas un meneur, mais il s’engage pour les autres, pour la planète. Ce n’est pas un champion, mais ses actes font preuve d’empathie et d’attention au monde que tous les exploits ne peuvent acheter. Gaston a gardé son âme d’enfant et ne fait pas de concessions à la société normée. Les gags tournent quasiment tous autour de cette question : le travail, le paraître, les règles, les contrats (point d’orgue de cette résistance passive) ou les lois (pensez à ces pauvres parcmètres)…
On rit beaucoup, réfléchis autant, en lisant ces gags pas si loufoques. Ce personnage nous parle du monde qui nous entoure avec un regard naïf et rêveur qui met tout de suite en lumière les défauts et illusions de notre société. Ses collègues, patrons et amis ne le comprennent jamais vraiment, car ils essayent de leur côté de s’intégrer, de bien faire au sens sociétal/de la norme. Mademoiselle Jeanne est probablement la seule dans ces planches qui a vu toute la richesse et la grandeur du héros sans emploi.
Le dessin incroyable de Franquin y est aussi pour beaucoup dans notre attachement viscéral à cette série. On vous en a déjà parlé ici.

 

Il reste l’un des plus grands dessinateurs, le maître du mouvement et du dessin animalier. Pour beaucoup il a posé les bases de la grammaire graphique de la bande dessinée d’humour. En soutien des scénarios déjantés et des personnages attachants, les planches de cette série fourmillent d’inventions discrètes, de détails géniaux, de running gags visuels.
Toute la série est conseillée (on vous conseille de la relire plusieurs fois dans l’année comme une cure. ) Tout même si, on préfère prévenir les premiers volumes sont un peu différent du Gaston classique, l’auteur cherchait, improvisait ses illustrations et gags avant de lui trouver son univers et la forme qu’on lui connaît.

Les Idées noires également, œuvre plus tardive à l’humour grinçant, ces pages sont le pendant cynique et méchant des aventures du gaffeur : la chronique complète est ici.


2 – LES DINGODOSSIERS (+ LA RUBRIQUE À BRAC)
Le choc des titans, René Goscinny le plus grand scénariste de bande dessinée propose à un jeune auteur Marcel Gotlib (qui deviendra l’un des plus grands maitres de l’humour) de créer une rubrique pseudo-scientifique, “une leçon de chose” en bande dessinée qui leur permettra d’aborder tous les sujets, avec leur patte très personnelle.
On imagine toute de suite à la lecture des planches de ces dossiers, la voix façon ORTF ou Tchernia pour ce “documentaire” loufoque sur les habitudes des Français en vacances, le secret des stars de cinéma, les traditions, les spécialités culinaires, l’école,… Les auteurs s’amusent à chroniquer leurs contemporains, à cartographier la France des années 60 avec un angle piquant et satyrique.
Le dessin pas encore assuré de Gotlib se délie au fil des planches, jusqu’à La Rubrique à Brac qu’il continue seul et où ses envolées graphiques dont il a le secret se font de plus en plus présentes. Passionné par le lettrage, il parsème de petites indications, notations en off, de détails géniaux qui ajoutent une couche de ricanements supplémentaires à ces planches déjà hilarantes. Une habitude qui va devenir de plus en plus présente quand Gotlib sera seul aux commandes dans la Rubrique.

Cette série est un exemple parfait de ce que peut faire la bande dessinée, intransposable dans un autre média, ces jeux entre le texte, le dessin et ces surimpressions donnent une dimension unique à ces planches. On conseille -très fortement- l’intégralité des deux séries (à l’exception peut être du hors-série de la Rubrique à Brac, le T6 Rubrique à Brac Gallery qui est une suite de pastiches des grandes oeuvres de l’histoire de l’Art avec les personnages phares de Gotlib, créé dans la continuité de la version animée La Coccinelle.) On a rarement vu une série qui faisait autant l’unanimité chez les lecteurs de BD, tous âges et genres confondus.


3 – LES BIDOCHONS (+ KADOR)
Série phare du magazine Fluide Glacial dès ses débuts, les Bidochons ont marqué leur époque au delà du lectorat BD. Binet a trouvé le ton juste et le dessin parfait pour évoquer le « français moyen », cet être présent en filigrane dans les médias et les conversations de comptoir : le dessinateur a donné un visage (et la parole) à ce phantasme de Mr et Mme Tout le monde. Et c’est magique. Situation banale, conversation et dialogues quotidiens, tous les moments clefs de nos vies sont passés au crible des réflexions de Robert & Raymonde. Miroir déformant de nos vies, ils nous permettent de rire de nos travers et de ceux des autres. Les dialogues sont savoureux et les situations ne tombent jamais à côté passant au crible la société de consommation, la politique, …
Plus proche du dessin de presse que de la bande dessinée classique le style détonne et séduit par son efficacité et sa simplicité.

Un noir & blanc assez fin, qui se permet beaucoup de liberté. Il va même jusqu’à indiquer les éléments du décor avec une petite flèche et leur nom plutôt que les redessiner. Une touche d’humour habile au cœur de ses histoires qui dénoncent souvent l’apparence et les petites mesquineries.
Personnages secondaires de la série Kador parue dans Fluide Glacial le couple va voler la vedette au chien philosophe. Ils vont devenir un symbole et même une expression populaire preuve de son ancrage dans l’imaginaire populaire. On aime aussi Les Impondérables et Monsieur le Ministre si vous voulez explorer son univers très riche.


4 – LES FRUSTRÉS (+ AGRIPPINE)
L’oeuvre entière de Claire Bretécher s’articule autour de l’observation et d’une chronique éclairée de notre société. Tout au long de sa carrière, particulièrement dans les pages des Frustrés et d’Agrippine, elle chroniquera la vie de ses contemporains avec humour et justesse au point que la légende veut que Roland Barthes la désignait en 1976 comme « le meilleur sociologue de l’année. » Dans ces planches publiées chaque semaine dans Le Nouvel Observateur pendant dix ans, elle aborde tous les thèmes en vogue dans les années 60–70 et ceux qui étaient encore tabou dans les grands médias. Libération sexuelle, féminisme, homosexualité, l’argent et la politique, la famille et le couple, l’éducation et les enfants,… Agrippine se concentrera sur ce personnage de l’adolescente qui se confronte à notre société et aux aînés. Une continuité de son travail des Frustrés. Les Frustrés, Agrippine mais aussi Les mères ou encore La Vie passionnée de Thérèse d’Avila qui raconte la vie de la sainte avec un angle humoristique.
L’ensemble à une portée politique certaine et tout son travail se situe sur cette frontière entre humour, satire et pamphlet joyeux. Contrairement aux bandes dessinées évoquées plus haut, on met plus de temps à apprécier les albums de Claire Bretécher, il faut un peu de maturité de recul sur le monde. Car le rire, et le sel de ces planches résident dans cette observation implacable de la vie en société. On pourrait faire un parallèle avec les humoristes et chroniqueurs du moment qui disent des vérités à travers des caricatures ou de légères exagérations des travers de nos semblables.

Proche de ses maîtres, Sempé ou Quentin Blake, son dessin évoque immédiatement le mouvement et le croquis piqué au vif. Elle utilise souvent un gaufrier régulier, planche à douze cases, qui lui permet de proposer chaque semaine une saynète sans avoir à faire de liens. À la manière d’une pièce de théâtre les personnages entrent en scène et exposent/confrontent leurs points de vue dans ces courts moments. Sans être seulement illustratif, le dessin acéré de la dessinatrice Grand Prix du Festival d’Angoulême distille des ambiances et des émotions qui permettent aux dialogues de s’installer et de révéler tout leur potentiel comique et incisif.


5 – L’ENCYCLOPÉDIE DES BÉBÉS ( + GEORGES & LOUIS)
Il est le maître incontesté de l’humour absurde, des décalages forcenés et des mash-up les plus drôles de la bande dessinée : Daniel Goossens a bâti une oeuvre unique entre des Monty Python, Pierre Desproges & Gotlib, son mentor. Avec son travail c’est tout ou rien, soit on ne comprend pas soit on est hyper fan. Il fait partie de ces auteurs qu’il faut mériter, il y a un seuil à passer, une convivance à trouver. Mais une fois à bord, c’est une fusée qui nous entraîne loin, très loin. Prenez l’Encyclopédie des bébés, où à travers de courtes histoires, il décrypte le monde des enfants (et des parents) en prenant pour point de départ le point de vue des nourrissons, des brochettes d’experts à n’en plus finir, des parodies de films,…. Dans Georges & Louis, les personnages se veulent romanciers, écrivent la Bible, voyagent dans le temps,…Il a réinventé (le temps d’un album à chaque fois) les vies d’Albert Einstein, du Père Noël, de Jésus, il a redessiné la plupart des personnages de du 7e et du 9eArt dans ses rôles décapants (sa couverture de Fluide Glacial où Tintin se drogue est passée dans les médias et reste une des plus célèbres du journal) et les films classiques ou les grandes heures de l’Histoire sont régulièrement mis à mal. Un humour érudit et référencé qui cache souvent plusieurs niveaux de lecture pour le bonheur des fans. Les pages sont parsemées de détails décalés, de bulles secondaires absurdes, ou de commentaires des personnages sur ce qui est en train de se passer.
Autodidacte, considéré comme un véritable génie du dessin par ses pairs tant son trait s’est affirmé au fil des albums comme un style à part et réussi. Un trait hybride, qui tend sans cesse vers le réalisme avec des passages qui se permettent d’être plus caricaturaux ou à l’inverse très précis selon les besoins de l’histoire ou du gag.

 

Le découpage particulier avec ses fondus, ses actions simultanées ou encore l’utilisation des onomatopées dans le dispositif comique ont fait de ses planches une rubrique à part du journal Fluide Glacialtout en restant dans le ton et l’esprit du fondateur. Célébré par les dessinateurs de tous horizons, Grand Prix du festival d’Angoulême, il reste méconnu du grand public et c’est triste. Jetez un œil attentif sur ces albums, vous embarquez pour une planète intimiste et inconnue, déjanté et accueillante, sans limites et familière.
On vous conseille tout bien sur, vous pouvez commencer par l’Encyclopedie ou ses plus récents comme Combats (lire notre coup de cœur complet ici) pour approcher cette œuvre protéiforme et GÉNIALE.


6 – JEAN-CLAUDE TERGAL (+HOUPPELAND )
Autre pilier du magazine Fluide Glacial, Didier Tronchet a proposé durant vingt ans une fiction incroyablement drôle et touchante sous la forme d’une autobiographie d’un looser. Jean-Claude est l’incarnation du raté qui veut bien faire, du gars collant et insupportable alors qu’il est sympathique et de l’amoureux naïf et maladroit qui foire toutes ses relations avec les femmes qu’il rencontre. Sa bêtise ne lui permet même pas le luxe de l’amitié. Dans cette série d’une tristesse réjouissante, il y a un noyau dur, une perle dans la coquille : la jeunesse du personnage. Le dessinateur livre sur quatre albums, parmi les dix de l’ensemble, les planches les plus drôles et touchantes sur l’enfance et l’adolescence. Dans Raymond Calbuth il explorait la partie décadente que pourrait vivre le personnage vieux, plus excessif et loufoque que Tergal qui arrive ici et le jeune Jean-Claude à la suite. Une cascade intéressante puisqu’elle tourne autour des mêmes sujets avec des points de vue, des tons différents.
Le style plutôt caricatural et épais des débuts s’est épuré au fil des albums, en particulier depuis qu’il réalise aussi les couleurs de ses livres. Sous une apparente simplicité, le dessin de Tronchet est précis et si les visages sont caricaturés à l’extrême, il porte une attention assez forte au découpage et aux décors. Pour coller à ses ambiances sordides, glauques et dépressives, il fallait bien ça.

 

Rire jaune. Un humour cynique et noir qui traverse son oeuvre et explose dans son autre chef d’oeuvre Houppeland une société où il est obligatoire de fêter noël, une dystopie à la Brazil qui aurait tourné beauf : le mauvais goût comme valeur étalon d’un monde pas si éloigné où le rire est devenu une obligation sociale. Si vous ne deviez lire que deux séries de lui sur son imposante bibliographie (pas toujours égale) ce serait ces deux-là. Aujourd’hui, le dessinateur propose des histoires intimistes, des récits de voyage, des fictions réussies seul ou en collaboration avec Anne Sibran. Moins déjantés et dépressives, on y retrouve par touches, cet humour désespéré qui ont fait son succès.


7 – LE RETOUR À LA TERRE ( + SOYONS FOUS)
Ils sont passés au moment de l’âge d’or dans Fluide Glacial eux aussi (comment ça encore Fluide…), ont proposé des planches d’un humour féroce et décalés avant de partir respectivement vers d’autres formes de bandes dessinées.Mais juste avant, ils réalisent Le Retour à la terre qui se présente comme le miroir humoristique du Combat ordinaire de Manu Larcenet paru un peu plus tôt. Jean-Yves Ferri s’empare de ce moment particulier de la vie de son ami et le transpose dans une série de strips connectés et chronologiques autour de son déménagement à la campagne après avoir rencontré sa compagne, de sa vie de dessinateur « exilé », sa paternité,.., là où le Combat ordinaire présentait la face noire et inquiète de cette histoire, ce récit à quatre mains en offre les bons moments.
Le dessin minimaliste et ample de Larcenet se fait plus précis pour cette série, il donne une touche plus léchée et légère à son trait habituel. La mise en page reproduit le découpage original et efficace de JY. Ferri qui propose une saga en demi-planches qui lui permettent de raconter son histoire en la ponctuant de respirations, de poésie, de traits d’humour et de running-gags.

 

Un humour plus subtil que les productions antérieures des auteurs. Et justement faisons un aparté sur Soyons fous qui (en plus des excellents Bill Baroud, La Loi des séries et les superhéros injustement méconnus) sont probablement les planches les plus drôles de Larcenet (disons égalité avec La Vie est courte, ces recueils de dessins humoristiques réalisés avec Jean-Michel Thiriet : 300 illustrations/gags dans la veine de Gary Larson ou Glen Baxter vraiment réussis) Soyons fousdonc, qui présente des portraits pseudo-sociologique sur Dieu, la Femme, les pirates, les enfants, le barbare, les lutins,… comptent parmi mes pages préférées de Manu Larcenet.


8 – LA VIE SECRÈTE DES JEUNES (+PASCAL BRUTAL)
Pendant neuf ans, Riad Sattouf a réalisé des portraits, des strips à partir d’histoires vues et entendues dans la rue, dans le métro, autour de chez lui. Publiés dans Charlie Hebdo, ces instantanés que l’auteur affirme très peu enjoliver pour les besoins de l’histoire sont à la fois d’un humour terrible et effrayant, car ils reflètent une réalité. Une réalité crue de ces petites scènes quotidiennes souvent violentes, étonnantes voir tristes ; malgré la touche du dessinateur qui nous les rend amusantes et touchantes. Si vous avez aimé l’Arabe du futur (notre coup de coeur ici), les Cahiers d’Esther ou toute la veine “réaliste” de l’auteur : jetez un oeil sur ces ovnis que sont les trois volumes de La Vie secrète des jeunes.
Pascal Brutal, la série délirante bientôt adaptée au cinéma , présente les aventures viriles de Pascal, cette montagne de muscle sensible qui aime se confier et raconter sa vie dans un futur pas si lointain où la droite extrême est au pouvoir et où la loi du plus fort est devenue la norme. Il s’attaque à la Culture, à l’art, au langage et « la fin de l’intelligence » à travers les incarnations de Pascal. Chaque épisode ou presque le met dans un rôle, une posture à la manière de reboot. Plus décalé que ses productions récentes, les quatre albums des aventures de Scalpa’ sont un bijou de connerie réussie, tout est exagéré et tout est génial.

 

Il a développé un langage graphique propre, multipliant les clins d’œil et le paratexte (didascalies, onomatopées, apartés,…) tout en gardant une fausse simplicité. Le dessin nous emmène immédiatement dans son univers, toujours à la limite du grotesque et de l’exagération. Il est l’un des rares auteurs à avoir saisi quelque chose de notre époque avec autant de justesse ; et ses albums offrent une réflexion sur notre société tout en distillant leur humour pince-sans-rire unique. Réalisateur césarisé pour son film les Beaux Gosses, multi-primé au festival d’Angoulême (et à peu près dans tous les prix possibles en BD), il est l’auteur le plus fascinant du moment que ce soit dans ses choix narratifs ou graphiques.


9 – DANS LA COMBI DE THOMAS PESQUET (+TU MOURRAS MOINS BÊTE)
Place à l’album le plus drôle de l’année, numéro trois des ventes de cette fin d’année tous livres confondus, la BD de Marion Montaigne sur l’astronaute français s’impose comme un classique dès sa sortie. Elle a suivi le parcours exceptionnel de ce pilote de ligne qui décide de tenter sa chance à l’Agence Spatiale Européenne et qui deviendra la star des réseaux sociaux une fois dans la Station Spatiale Internationale. On découvre la sélection, l’entraînement puis le départ dans l’espace et enfin le retour sur terre de Thomas Pesquet (la partie spatiale étant la plus médiatisée, l’auteure a fait le choix de se concentrer sur le reste.) La dessinatrice à trouvé comment mixer gag et narration au long court, on apprend beaucoup de chose en s’amusant et les 200 pages se lisent d’une traite tellement c’est prenant.
Déjà pour Tu mourras moins bête, je disais qu’elle était l’une des auteures les plus drôles du monde, et je ne rigolais pas. (lire le coup de coeur complet ici.)

Il suffit de quelques pages pour s’en convaincre. Le dessin vif penche du côté du dessin de presse et s’attache au mouvement et à l’émotion plutôt que la précision et nous entraine dans un univers vraiment décalé. Le Professeur Moustache & Nathanaëlle s’attaquent à la science –non pas comme Fred & Jamy en restant dans leur camion- mais en testant toutes les armes, bactéries, inventions,…Tous les thèmes sont abordés : de la peur en avion à Star Warset les lasers en passant par la mollesse des adolescents… les amateurs de culture geek en auront pour leur argent.
Avec Dans la combi de Thomas Pesquet elle achève de prouver que l’humour & la science sont un mélange du tonnerre et que ses livres sont à la fois drôles, fins et malins. Que dire de plus sinon, lisez tous ses albums !!!


10 – ZAÏ ZAÏ ZAÏ ZAÏ (+ ET SI L’AMOUR C’ÉTAIT AIMER ?)
Alerte au non-sens, au potache et à l’humour étrange.
Depuis quinze ans, il propose ses albums décalés et marquants, Fabcaro explose depuis Zaï zaï zaï zaï. Un livre qui a raflé une bonne partie des prix il y a deux ans, obtenant même une distinction inventée pour lui par Philippe Geluck qui trouvait cet album tellement bon qu’il voulait le récompenser. L’auteur qui écrit désormais les nouvelles aventures d’Achille Talon ne pouvait pas être mieux mis en lumière. Récit burlesque presque évanescent où un homme qui a oublié sa carte de fidélité d’un supermarché doit fuir, est aussi une métaphore politique de la précarité des auteurs (le héros est un dessinateur de BD) et le pas de côté permanent lui permet de dire beaucoup de choses sur notre société normée avec humour et détachement. Il avait commencé cette série qui se détachait de ses strips précédents avec escalade dans l’humour non-sens très british avec l’in-résumable -20% sur l’esprit de la forêt ou La Clôture qui parlait d’amour & de la vie quotidienne d’un auteur hanté par cette clôture à réparer. Suivra un de mes préférés Carnets du Pérou, un pastiche de carnet de voyage -genre plus qu’à la mode dans les librairies- où l’auteur est démasqué en train de dessiner son carnet authentique depuis son appartement avec Google maps.

 

Et il récidive ce mois-ci avec Et si l’amour c’était aimer ? un génial pastiche de romans-photos ou télénovellas au travers duquel il distille son univers loufoque où l’absurde semble être la seule règle (avec l’amour comme c’est indiqué dans le titre hein). Véritable manuel d’humour sous couvert d’histoire d’amour, ces situations ne ressemblent à rien de ce que vous connaissez (enfin si, un peu à Goossens, LE maitre en la matière) En tout cas, c’est drôle parce que c’est couillon & en même temps assez malin. Un mix savamment dosé qui font de ses livres des petites bombes d’humour à prêter/offrir à tous vos amis.

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