4 min. de temps de lecture.

Pour bien terminer l’année, une sélection d’expositions incontournables autour du conte, du rêve, de l’enfance, du désir, du hasard, de l’inattendu à travers des artistes de générations et horizons différents.

Ryoji Ikeda à la Villette (Festival d’Automne) et galerie Almine Rech.

Quand les « corps chorégraphiques » de l’Américain William Forsythe rencontrent les ondes sonores du musicien japonais Ryoji Ikeda, cela donne une déambulation immersive magique ! Ce n’est pas la première fois qu’ils s’aventurent ensemble et cette nouvelle partition monumentale de « test pattern » matérialisant cette profusion de données qui nous entourent, couplée à ces pendules suspendues dans l’espace impactent profondément le corps du visiteur et sa perception.

A la galerie Almine Rech, Ikeda avec sa réflexion sur les nombres irrationnels qui constituent l’infini oscille entre ombre et lumière. D’une part chapitre 1, le paysage du flux des données en temps réel et chapitre 2 en « pleine lumière » la réalité physique de ce contenu numérique à travers des œuvres sur celluloïd.
Dès lors le son et l’image dépassent le codage binaire. A partir de la précision et de l’esthétique pure des mathématiques, Ikeda éveille nos consciences à l’universalité d’un langage immatériel la plupart du temps.
 
Alain Bublex et Richard Jackson à la galerie Vallois

« Contre-allées »titre d’une nouvelle série de photographies d’Alain Bublex donne le ton de l’exposition collective où il invite d’autres artistes à emprunter ces voies parallèles et étroites qui ressortent des photographies retouchées du Plan Voisin de Paris (Le Corbusier). Dans le labyrinthe de l’espace 2 de la rue de Seine ces visions dystopiques percutent avec les univers déroutants des autres protagonistes.

Avec : Gilles Barbier, Richard Baquié, Julien Berthier,Julien Bismuth, Alain Bublex, David Hockney, Taro Izumi, Jean-Yves Jouannais, Martin Kersels, Ed Kienholz, Jarbas Lopes, Lucie Picandet, Robert Rauschenberg, Lázaro Saavedra, Pierre Seinturier, Ettore Sottsass, Peter Stämpfli, Keith Tyson, Jacques Villeglé et Winshluss.

Egalement l’installation « The French Kiss » de Richard Jackson avec la reproduction à l’échelle 1 de La Palette, une institution de St Germain des Prés. Une version revisitée des clichés liés à Paris où il est question de la déconstruction du medium pictural.

Edi Hila à la galerie Mitterrand

Le peintre albanais présenté à la dernière Documenta dans le conservatoire de musique d’Athènes poursuit son exploration sur l’architecture, vecteur privilégié selon lui, de l’identité de son pays. Ayant refusé l’exil, il vit à Tirana d’où il observe les mutations des sociétés postcommunistes européennes. « Tirana-Versailles » établit un parallèle entre les édifices officiels du Boulevard des Martyrs de la Nation à Tirana et la grandiloquence classique de Versailles.

Petrit Halilaj et Tadashi Kawamata chez kamel mennour

Le kosovar, mention spéciale du jury de la 57ème Biennale de Venise pour sa 2ème exposition à la galerie kamel mennour reprend le projet ABETARE (installation de papier peint géante) et la série des sculptures de papillons de nuit.
Alors qu’enfant l’oppression par le gouvernent serbe de la population albanaise du Kosovo était à son maximum, les livres étaient le symbole de la résistance identitaire. Chaque lettre de l’alphabet est associée à une scène de la vie quotidienne pour favoriser le côté ludique de l’apprentissage. Les papillons de nuit de la lettre F pour Fluturat, renvoient à sa fascination enfant pour ces insectes dans sa maison de Kosterc et des moments d’intimité avec sa mère.

Le nid géant de Tadashi Kawamata ayant demandé la participation de nombreux étudiants des Beaux Arts et de 100 000 baguettes chinoises s’étend sur l’ensemble des espaces de la rue St André des Arts et dans la cour extérieure. Une réponse in situ à la mutation possible du lieu.

Enzo Cucchi à la galerie Balice Hertling (new space : 239 rue St Martin)

C’est au tour de la galerie Balice Hertling d’ouvrir un second espace dans le marais et pour l’occasion remet en lumière la figure d’Enzo Cucchi né en 1949.
Représentant de la Trans avant-garde » italienne, il découvre la peinture en autodidacte par la poésie. Il s’inspire des mythes et légendes renouant avec les compositions de Giorgio de Chirico. Formant le groupe des trois C avec Francesco Clemente et Sandro Chia, ils revendiquent le retour à la figuration dans la veine du néo expressionnisme allemand en réaction à l’Arte povera.

Edgar Sarin à la galerie Michel Rein, Paris

Lauréat du prix révélations EMERIGE 2016, l’artiste bénéficie de sa première exposition personnelle parisienne chez Michel Rein, tandis qu’au même moment le CCC OD de Tours l’invite à investir ses petites galeries. Les titres « Dans son cou la main d’une mère », « Ici : symphonie désolée d’un consortium antique » ou « L’eau de vos yeux, douze architectures géniales » pour le Cercle de la Horla qu’il dirige,amorcent toujours chez ce trublion adepte de l’absurde et des mathématique un style proche des surréalistes, Breton en particulier. Mallarmé et Céline peuplent son panthéon personnel. Ingénieur en énergie il mêle à ses intuitions plastiques les propriétés physiques de l’œuvre à travers une suite d’expériences. Ce sont les potentialités du hasard qui guident ses choix à partir d’une liste d’objets qu’il attend de rencontrer.

Sans oublier Ange Leccia commissaire à la galerie les Filles du Calvaire

Avec l’exposition « Your brain is my bedroom » autour de la notion d’intériorité.
Qu’est ce que l’espace domestique, où commence la sphère privée, une fois franchi le rideau à l’apparence de toile d’araignée bienvenue dans l’inconscient et les fantasmes. Des contes de l’enfance à la paranoïa adulte, une violence sourd de tels disjonctions du regard. Frissons garantis !
Avec :  Emma Dusong, Florian Mermin, Hoël Duret, Nidgâté. 

Leave A Comment

Your email address will not be published.