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Au 50 rue Mazarine, Miss Tic expose sur le thème Muses et Hommes (fabuleux jeu de mot, dont je ne donnerai pas la clef, trop facile).

J’aime bien Miss Tic et ses pochoirs. De nombreux amateurs, des vrais, de peintures, sculptures, photos me l’ont répété : ce n’est pas de l’art, c’est du graphisme au mieux, de l’imprimerie au pire. C’est du pochoir qu’elle répète et une fois « pochés » elle met ses trucs un peu partout. En plus, elle les pose dans les rues, elle les colle et aussi elle les fait parler « Genre Ben » avec des blagues du même type, du post-néo-magrittien pour les pauvres (d’esprit).

En général, elle est descendue en deux trois coups de saillies bien françaises. Alors, je n’ose plus rien dire, mais, quand elle montre quelque chose je vais voir. Je m’arrête devant la devanture et j’entre. Ou bien, je repère des murs, repaires à graffitis où elle murmure des choses profondes et parfois je vole l’image à coup de smartphone.

Ce vendredi-là, j’avais un rendez-vous à deux pas de la rue Mazarine. En avance, je ralentis le pas et là, je tombe sur la fameuse devanture, celle qui annonce qu’il se passe quelque chose à l’intérieur. Et à l’intérieur, ce sont des photos de Miss Tic.

Miss Tic ne fait pas de photos pour faire de la photo. Elle ne cherche pas à montrer ni église charmante, ni petit pan de mur jaune et pas davantage une vue sur la ville toute en contraste noir et blanc à faire pâlir les images du « Troisième Homme ». Les photos qu’elle expose sont celles de pochoirs signés Miss Tic qui ont été collés par des ennemis bienveillants sur des rues, des immeubles, des ruines, des murs ou des portes dans le XXème arrondissement de Paris.

Voilà un quartier qui convient bien à Miss Tic, on y trouve le passage Dieu, et l’impasse Satan, et aussi celui de saint-Pierre… dans ce chaudron-là, Miss Tic, ne pouvait que se trouver à l’aise. Aussi a-t-elle décidé d’illustrer les murs et de les faire parler. Les figures nettes et sans bavure tracées au pochoir de l’artiste viennent en contraste avec quelques plâtres trop essuyés et qui se décrochent, des huisseries déglinguées, des pierres déchaussées comme des carmes. A chaque image est associée une pensée élevée, celle qui vient de traverser l’esprit de Miss Tic. Les images viennent-elles d’abord appelant le verbe ensuite ou doit-on imaginer l’inverse : le verbe serait au commencement (sans je de maux) et l’image viendrait après.

Je ne sais pas si leur ferait plaisir, à Miss Tic ou à Ernest Pignon Ernest, mais il est des correspondances intéressantes entre leurs deux ouvrages. Les collages des pochoirs de l’une en appellent chez le regardeur aux mêmes réflexes que les collages de dessins de l’autre, installés dans un contexte de villes décrépites.

Peu importe, le résultat est là et c’est à la fois plaisant, intéressant, stimulant et … gai.

A voir donc,

INFORMATIONS PRATIQUES
Muses et Hommes
Miss Tic
/!\ Derniers jours, jusqu’au 12 janvier 2018 !
Galerie Lelia Mordoch
50 Rue Mazarine
75006 Paris
http://leliamordochgalerie.com
http://missticinparis.com

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