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Aliocha Boi est photographe indépendant. Il nous a contacté en tout début de semaine, suite à l’annonce du décès de Fidel Castro, pour nous présenter son sujet qu’il vient tout juste de réaliser à Cuba. Nous avons décidé de le publier aujourd’hui et en avons profité pour l’interviewer.
Rencontre.


Mowwgli : Pourquoi un projet sur Cuba?

Aliocha Boi : J’avais beaucoup regardé les images produites par le photographe de l’agence Magnum David Alan Harvey en 1998, ce qui m’avait grandement donné envie de partir et d’immortaliser ce voyage à ma manière.
Avec mes images, j’essaie de faire transparaître la notion de temps qui marque certains lieux. J’étais donc curieux des changements qui s’étaient effectués depuis ce reportage et j’avais envie de connaître la situation actuelle de ce pays, qui me semblait, de loin, très compliquée à tous points de vue. Je pensais aux contrastes, aux couleurs vives, aux espaces en transformation… C’est cet ensemble de facteurs, très liés à mon travail, qui m’ont également convaincu de partir là-bas.

M : Etait-ce votre premier voyage dans ce type de pays?

A. B. : Effectivement, j’ai beaucoup voyagé en Europe et en Amérique du Nord mais je n’avais jamais vu un pays tel que Cuba, à l’opposé de ce que j’ai pu voir auparavant.

Quel est le moteur de votre projet Cuba?

A. B. : Le but premier était d’exposer à la Fototeca de Cuba, dans le cadre de Noviembre Fotographico  – l’équivalent du Mois de la Photo à Paris – aux côtés du photographe Adrien Brunel. En second lieu, je souhaitais documenter mon voyage sans réelles attentes ni perspectives. C’était assez nouveau pour moi puisque mon travail consiste souvent à trouver des lieux spécifiques souvent dans un environnement urbain, qu’ils soient encore ordonnés ou chaotiques, structurés ou déstructurés, ou bien encore dans des tensions interstitielles entre ces deux états. Tout cela requiert une préparation au préalable. Ici, mon but était avant tout de montrer mon quotidien et la construction s’est faite petit à petit. Bien sûr, en regardant le travail de d’autres photographes, je m’attendais à voir certaines choses…

Qu’est ce qui vous a marqué là-bas ?

A. B. : Nous étions accompagnés par Claudia Corrales, jeune photographe et petite-fille de Raúl Corrales, l’un des photographes officiels de Fidel Castro. Sa vision était très intéressante et elle nous a permis de rencontrer des personnes que l’on n’aurait pas pu rencontrer étant seuls. Nous avons par exemple visité un ancien club de golf pour riches cubains avant la révolution, transformé en école d’art (Isa) désormais reconnue comme lieu d’effervescence de création. J’ai été frappé par la bonne éducation, la culture et la créativité des Cubains en général.

Quelles sont les prochaines étapes du projet ?

A. B. : Étant parti avant la mort de Fidel Castro, j’aimerais maintenant y retourner pour comprendre ce qui a changé pour les Cubains, continuer ma série en visitant le pays dans son entièreté et pouvoir montrer toute sa diversité.

http://www.aliochaboi.com
https://www.instagram.com/aliochaboi

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