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L’exposition 24 TheWorkshop se déroule actuellement à Paris jusqu’au 27 janvier, elle rassemble une sélection de 9 photographes stagiaires ayant participé aux masterclass guidés par un groupe d’experts composés de personnalités du monde de la photographie sous la direction de Michel Philippot et de Sonia Seraidarian. Pascal Therme a souhaité partager avec nous ses trois photographes coups de cœur. Voici le premier.

Les Brodeuses de Rutongo par Marie Moroni

Il faut un certain courage et un engagement certain pour braver les peurs qui agissent ce monde en allant s’enquérir des femmes rwandaises et se rendre à Rutongo, aux abords de Kigali afin de témoigner et de partager dans une certaine mesure l’interrogation prégnante, la question qui court sous les portraits exposés, « Que sont devenues ces Femmes, après le désastre majeur vécu par le pays? Le prétexte documentaire, la reprise des ateliers de broderie, a été vite supplanté par le choc du témoignage humain: vouloir regarder ces femmes au fond des yeux…sans Fascination morbide (l’imagerie nauséeuse), mais en accords (l’image claire et sensée ). Ces cinq portraits sont évidemment le témoignage d’un « drama » mais sans pathos, lus dans leur regard . Ces cinq brodeuses entrent dans un dialogue avec la photographe , un passage s’est créé et un constat se fait, peut -être aussi une « délivrance » pour que soit « dépensé » une part de la souffrance, acte fondateur de l’échange.. et que puisse renaître une liberté. Que ne leur a- t il fallu,, à ces femmes, au fond de dignités et de courages, pour se tenir, dans ce regard, présences au lourd silence , devant l’objectif…Nul doute que Marie Moroni, n’ait été touchée en retour de cette expérience qui témoigne secrètement ici et fait sens en donnant chair à l’etymon du mot sympathie, « souffrir avec » comme en nouant nos yeux à l’insondable destin de la guerre et son absolue déraison. Nulle doute que ce témoignage n’apparaisse comme un soutien à celles qui ont traversé tant de drames tus et funestes au silence coupable, condamnant par la même toute parole libre pouvant aider à un début de renaissances. Ces images sont issues d’un combat contre l’oubli, pour témoigner d’un partage et aider au surgissement de la parole, à un retour à la vie. Comment pouvoir vivre après tant d’épreuves, tant de douleurs, regarder en face l’objectif de la caméra, sourire? Non, ces portraits sont traces de guerre et de mort, tout cela au plus profond de la nuit épaisse des regards. Mais par cet acte, grâce à cette relation, le germe d’une libération a eu lieu…Je crois que pour cela, nous devons tous remercier Marie….Humain trop humain.

Retrouvez le prochain article lundi 23 janvier sur le travail de Laetitia d’Aboville.

EXPOSITION
24 TheWorkshop
Photographes exposés : Laetitia D’Aboville, Vanessa Gilles, Bernard Magneville, Mantovani, Sandra Mehl, Lucie Moraillon, Nina Morel, Marie Moroni et Lynn Sk
Du 5 au 27 janvier 2017
Central Dupon Images
74, rue Joseph de Maistre
75018 Paris
Du lundi au vendredi de 10h à 19h
http://www.24theworkshop.com

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