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C’est avec intérêt que nous continuons de suivre les oeuvres de ces jeunes artistes, fraîchement diplômés de l’Ecole Supérieur d’Art et de Design de Toulon (ESADTPM)Mélissa Bénachour, diplômée en 2016 et dont on avait découvert le travail lors de l’exposition « Variables Aléatoires » à l’Hôtel des Arts de Toulon, vient d’exposer à la Galerie de l’Ecole, Rue Nicolas Laugier, dans le centre ancien de la ville de Toulon. Une première exposition personnelle , intitulée « Penser standard, penser normé, penser standardisé » qui met en avant, un travail intelligent et intelligible, questionnant l’identité de la reproductabilité. Explication

Un unique motif pour diverses formes

Le travail que Mélissa nous présente est la réadaptation d’un projet de recherche réalisé pour l’ Espace Grandjean de Vallauris . La jeune artiste utilise une forme issue de l’emballage alimentaire afin de la reproduire sur support céramique et numérique.  Sur la devanture de la galerie, nous voyons ce motif imprimé; à l’intérieur, la reproduction de ce motif génère une longue frise en céramique. Deux éléments d’un tout créatif. L’artiste interroge la reproductabilité technique et la question identitaire dans ces formes a priori semblables. Cependant, chaque forme en céramique a été conçue individuellement selon un processus artisanal rigoureux.  Mais les contraintes du processus (moulage, cuisson) et l’unicité de la pratique apportent d’infimes irrégularités à ces objets à l’aspect semblable mais à l’identité singulière. « J’aborde plusieurs médiums techniques », précise l’artiste, « une nouvelle technologie de création qui détermine un point d’ancrage sur l’évolution économique et technologique de notre société actuelle et ensuite un second un motif fabriqué en céramique ». L’opposition matière vivante/matière informatique, procédé artisanal/procédé industriel sont autant de démonstrations de manière à penser le motif.

Penser standard, penser normé, penser standardisé

Mélissa Bénachour s’exprime sur son processus artistique: « Une façon d’affirmer un besoin de changement, dans les relations qu’entretiennent les individus. L’individualité s’accumule, tandis que les incompréhensions sociales, culturelles et identitaires se creusent rendant les échanges particulièrement instables. Cet axe de recherche intervient dans ma démarche artistique. Elle est au coeur d’un développement méditatif sur l’acceptation d’un résultat. Chaque répétition est une évolution de la pensée sur mes gestes qui, génère des différences. Si la notion de répétition résonne avec commun et monotonie, elle révèle ici la valeur d’un apprentissage d’un geste, d’une forme et d’un matériau. Et si ce même regard « d’apprentissage », rendant les liens plus souples et plus tolérants vis-à-vis de soi à l’autre et réciproquement, peut faire l’objet d’une nouvelle pédagogie inter-culturelle ? Comme le souligne Patrick Charaudeau, chercheur au CNRS : « C’est donc une illusion de croire que notre identité repose sur une entité unique, homogène, une essence qui constituerait notre substrat d’être. L’identité n’est pas naturelle, elle est toujours le fait d’une construction. Ce qui nous fait dire que  l’identité est une somme de différences « . C’est à l’épreuve de la différence que l’on
découvre qui on est. »

Il ne reste que quelques jours pour découvrir le résultat d’une réflexion débordante sur le champ pluriel de notre quotidien. L’artiste, présente aux horaires d’ouverture de la galerie, sera ravie de rencontrer son public et de lui préciser sa démarche artistique.

INFORMATIONS PRATIQUES
Mélissa Bénachour
Penser standard, penser normé, penser standardisé
(Exposition terminée)
Galerie de l’Ecole
42, rue Nicolas Laugier
83 000 Toulon
Ouvert du mercredi au vendredi de 14h à 17h
Site internet de Mélissa Benachour ici

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